‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 568 sur 1164 · Voir plus loin, p. 167, n · texte numérisé non relu

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166 LE ROYAUiWE N'EST PLUS PARTAGÉ

recommande les candidats au bénéfice d'une abbaye 1 et la qualité de proche est rappelée dans les diplômes royaux en même temps que celle d'abbé 2.

Dans la famille Carolingienne, les collatéraux et les bâtards des rois reçurent seuls des abbayes et des comtés jusqu'au temps où l'empire fut démembré après la mort de Louis le Pieux. Les fils des souverains avaient eu tous jusqu'alors la qualité d'héritiers du royaume et à chacun, du vivant de son père, une part était réservée. La règle du partage entre les fils, maintenue dans les royaumes orientaux, paraît avoir été abando nnée délibérément par Charles le Chauve. En son vivant, un seul parmi ses fils, d'abord son aînéCharles, en 855, puis après la mort de ce prince, Louis, en 867, fut établi roi d'Aquitaine ; c'était de la part du souverain de la Francia une simple concession en faveur des Aquitains 3, habitués à obéir à un roi particulier et qu'il importait de détacher de la dynastie des Pépins. Avant de devenir par la mort de son aîné héritier présomptif, Louis porta peut-être le titre de roi 4 ;

1. C'est sans doute à sa parenté avec la reine Irmentrude, qu'Alard doit ses abbayes et ses autres bénéfices. Rodolfe, fils du marquis Evrard et de Gisèle, fille de Louis le Pieux, possède après son frère Alard (cf. charte de 870, d'Achéry, Spicil., XII, 501) à titre héréditaire l'abbaye de Cysoing, qu'il céda à l'église de Reims en toute propriété (Flodoard IV, 1, 2, 6, p. 558, 560,569). Suivant la conjecture de M. Edouard Favre 'La Famille d'Evrard, dans Études dédiées à G. Monod, 158), ce petit-fils de Louis le Pieux doit être identifié avec l'abbé de Saint- Vaastet de Saint-Bertin (Folquin, II, 59, 69, p. 127, 133), mortle 5 janv. 892.

2. L'abbé de Saint- Riquier, Louis, est dit par Charles le Chauve « propinquus noster » (24 nov. 844, Hariulf, III, 7, p. 109), Rodolfe « avunculus noster » 114 mars 856, 9, p. IT4), Guelfon, par Louis le Bègue « consanguineus noster » (30 déc. 878, 13, p. 125), Hugues l'abbé « noster propinquus » (5 sept., H F, IX, 406). Le diplôme synodal de Pistes en faveur de Saint-Germain d'Auxerre de 864 signale le comte Conrad proche du roi, sans faire mention de sa qualité d'abbé (Cari. de l'Yonne, 45, I, 88).

3. Ann. Berlin., 855 : « Karolus Aquitanis petentibus Karlum.filium suum, regem designatum adtribuit » (p. 45). Charles mourut le 29 sept. 866 (Ann. Berlin., 83). Quelque temps avant le concile de Soissons tenu le 18 août, Charles le Chauve écrivait à Nicolas I qu'il avait dû se hâter de confier le siège de Bourges à Vulfad « propter quorumdam levitatem morum et inconstantiam ipsius gentis». Il alléguait aussi l'état de santé de son fils Charles (Mansi, XV, 708). Il s'agissait d'ailleurs de f lire admettre au pape une intronisation peu régulière. Le roi comptait beaucoup sur Vulfad pour contenir l'Aquitaine et sans doute l'archevêque réussit à s'acquitte r de son manda t. Charles le Chauve, au rapport d'Hincmar [Ann. Berlin., 86), attendit jusqu'à la Mi-Carême 867 pour présenter aux Aquitains Louis, destiné à régner sur eux. La charte du comte Geoffroy, datée du mois d'octobre delà 28e année de Charles, de la Ie de Louis en Aquitaine Cart. de Beaulieu, III, p. i2),estd'accordavec cette chronologie. La 28e année de Charles commence en juin 867 ; la ie année de Louis à la Mi-Carême. Dom Bouquet date à tort cette charte de la 27e année de Charles (HF, VII, 95).

4. En 858, Louis est dans le Maine et lesBreton^ l'obligent à passer la Seine et à rejoindre son père {Ann. Berlin., 49). En 861, le roi le chargr de la 0 custodia regni contra Normannos », sous la tutelle d' Alard (p. 56). Vraisemblablement, il ;i reçu alors le titre de roi; car Hincrnar, après avoir noté sa disgrâce de 861 à 865, écrit en

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