‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 637 sur 1164 · LE ROI BÉNÉFICIER D'UNE ÉGLISE · texte numérisé non relu

LE ROI BÉNÉFICIER D'UNE ÉGLISE

Lothaire II, Louis le Germanique et son fils, Louis III, tinrent semblablement à cens la villa de Douzy, appartenant à l'église de Reims. On pourrait croire que ce domaine était occupe en vertu d'un contrat d'ordre privé et parfaitement régulier. C'est ainsi en effet qu'Hincmar explique la cession qui fut faite de ce domaine à Charlemagne par prestaire de l'archevêque Tilpin ; mais il s'agit plutôt, on l'a vu, d'un bien sécularisé alors et que plus tard Lothaire I restitua à Hincmar. Les rois se réservèrent cette villa, mais de même qu'ils obligeaient leurs fidèles pourvus par eux de biens d'église à souscrire une précaire, ils consentirent à tenir, eux aussi, ce domaine en précaire et promirent d'acquitter un cens. Charlemagne payait douze livres de cens, Hincmar n'en réclame plus que six à Lothaire I, afin de sauvegarder son droit de propriété, mais ni de ce roi, ni de ses successeurs il n'obtient le paiement régulier de la redevance 1. A plus forte raison, l'archevêque de Reims n'ose demander les dîmes et nones que Charlemagne s'était engagé à payer, mais que ses successeurs, semble-t-il, n'ont jamais acquittées2. Charles le Chauve a reçu aussi d'Hincmar de Laon en bénéfice la villa de Poilly, que le roi d'ailleurs a immédiatement cédée lui-même en bénéfice à Nortman 3. Louis IV s'est fait confier par les moines de Saint- Remi de Reims le château de Corbeny donné par son père au monastère. Herbert de Vermandois s'en était emparé ; le roi le lui enleva par force4. Il tint dès lors à cens Corbeny par la volonté et le consentement des moines. Pour régulières que fussent les formes de cette concession, Louis IV estimait sans doute qu'il avait exercé contrainte sur les religieux, car

i. Hincmar écrit à Louis III de Germanie que le cens de 12 livres a été payé par Charlemagne et par ses successeurs, que lui-même l'a reçu de son père, Louis le Germanique (Flodoard, Hist., III, 20, S5, XIII, 513). Il écrit à Vxilfingus que le père et l'aïeul de Lothaire I, Charlemagne et Louis le Pieux, acquittaient les 12 livres (26, p.539).LothaireIIretenaitleeensaupérildesonâme lettre àLothaire II, 2°> P- 513) ; Lothaire I qui, au dire d'Hincmar (loc. cit.), avait rendu à l'église la villa, acquitta sans doute le cens, signe du droit de propriété, qu'il avait simplement sans doute reconnu à l'évêché ; mais il a fallu qu'à plusieurs reprises, Hincmar fasse réclamer cette redevance à l'empereur (lettres à Hilduin, 24, p. 535 ; à Vulfingus, 26, p. 539). Il ne la payait auparavant qu'irrégulièrement, car Hincmar demande à Vulfingus le cens de l'année précédente, avec celui de l'année courante. Régulièrement payé au taux de 12 livres par Charlemagne et Louis le Pieux, il ne l'est plus que de temps à autre sous Lothaire I et au taux de 6 livres lettre à Vulfingus). Lothaire II le retenait, Louis le Germanique l'acquittait, mais son fils fait de nouveau la sourde oreille (lettre à Louis III).

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