‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 655 sur 1164 · LES BÉNÉFICES ROYAUX CONSTITUÉS EN BIENS D'ÉGLISE · texte numérisé non relu

LES BÉNÉFICES ROYAUX CONSTITUÉS EN BIENS D'ÉGLISE

Outre les honores laïques dont ils sont revêtus, les comtes détiennent souvent des monastères, dont ils sont ordinairement abbés laïques. Un ou plusieurs domaines arrachés à. une église s'ajoutent semblablement à leur bénéfice comtal sans y être incorporés. Dans bien des cas, on ne saurait dire si le bien d'église fait partie du comitatus, ou s'il constitue un bénéfice personnel au comte, en dehors de la dotation comtale. Les biens des évêchés de Châlons, Vienne, Arles, Tours *, qu'on trouve aux mains d'un comte de la cité, mais dont il n'est pas dit expressément qu'ils appartenaient au comté, formaient peut-être des bénéfices indépendants du bénéfice comtal. Tels aussi sans doute les biens de Saint-Jean-Baptiste d'Angers et de Saint-Maixent, que les comtes Bernard et Autulfus avaient en bénéfice sous le règne de Louis le Pieux 2, la villa des moines de Saint-Martin de Vertou, que le comte de Saintes, Landry, occupait à titre bénéficiaire en 843 3, les biens de l'abbaye de Fulda, que le comte Sigehart tenait en 856*. Le bénéfice détenu par le comte Geoffroy, qu'Hugues le Grand a rendu à l'église d'Orléans, est bien distingué du comitatus 6.

Le bien d'église dont est pourvu un comte constitue certainement un bénéfice à lui personnel, quand, au lieu de rester attaché à la charge comtale, il passe indifféremment des mains du comte en celle de simples particuliers. Un certain Donat tenait de Louis le Pieux le comté de Melun ; il avait en outre reçu en bénéfice la villa de Neuilly, qui appartenait à l'église de Reims. Après lui, d'autres bénéficiers l'ont occupée, qui ne détenaient nullement le même comté 6. Les villae d'Aguilcourt et de Juvincourt, propriété des églises de Laon et de Reims, furent tenues en bénéfice, au temps d'Hincmar, par deux comtes, après l'avoir été par un grand nombre d'autres personnages qui n'avaient pas cette qualité 7. L'abbaye de

1. Plus haut, p. 235, n. 3 ; p. 236, n. 5 et 6 ; p. 237, 11. 4 ; p. 238, n. 3.

2. Il restitue au monastère Saint- Jean les biens, « quas hactenus Autulfus cornes in beneficium babuit » {Form. imper., 6, Zeumer, 292). Pépin d'Aquitaine, le 22 déc. 825, rend à Saint-Maixent, à la prière du comte Bernard, une villa sise en Poitou, « quam ipse Bernardus in beneficio habuit » {H F, VI, 664). Cf. Richard, Hist. des comtes de Poitou, 1,5.

3. Pépin a restitué une villa, «rogante Landrico, qui his rébus eatenus beneficiatus fuerat » [Mirac.s. Mart. Vertav., g,SSmerov., III, 574).

4. Échange du 2 janv. 856 : « sicut eatenus idem Sigihardus cornes easdem res in beneficio prefati abbatis habuit » (Dronke, C D Fuld., 565, p. 254).

s. Cf. plus haut, p. 234, n. 6.

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