‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 656 sur 1164 · BÉNÉFICE PERSONNEL D'UN COMTE · texte numérisé non relu

BÉNÉFICE PERSONNEL D'UN COMTE

Saint-Sulpice, propriété de l'église de Châlons, était tenue, en 875, en bénéfice par le comte Geoffroy ; elle ne faisait certainement pas partie du bénéfice comtal, car il est stipulé que Geoffroy la retiendra jusqu'à sa mort et, en 880, c'est le juge Rothard et non pas le successeur de Geoffroy dans son comté, qui détient cette abbaye1.

Les biens d'église attribués au comitatus ne pouvaient, on l'a vu, faire l'objet d'un précaire régulier. Quand un comte souscrit des lettres de précaire, le domaine ecclésiastique qu'elles concernent est étranger par conséquent au lot de terres affectées aux usages des titulaires successifs du comté. Les comtes Banzlegb, Albert et Agbert qui, au temps de Louis le Pieux, occupent des biens de l'église du Mans, les tiennent à titre personnel, comme les autres bénéficiers de l'église, car la précaire souscrite par Agbert nous a été conservée 2.

Bien que les domaines qui constituent le bénéfice comtal soient sis quelquefois hors des limites du comté 3, quand un comte est pourvu de biens d'église dans une région éloignée du pays où il est en fonctions, il s'agit d'ordinaire d'un bénéfice personnel qui s'ajoute à ses honores. Tel le bénéfice que Donat, comte de Melun, détient aux dépens de l'église de Reims à Neuilly, celui que le comte Banzlegb, marquis de Saxe, a reçu dans le pagus du Mans au détriment de l'évêché, celui dont le comte lorrain Matfroi jouit en Valteline aux dépens des moines de Saint-Denis 4. De même qu'un petit nombre seulement d'abbayes sont incorporées au comitatus, au regard des abbayes abandonnées en bénéfice supplémentaire à des comtes, ainsi les biens d'église qui leur sont cédés à titre personnel forment peut-être une masse plus considérable que le lot affecté à demeure au comitatus.

Les personnages qu'avec les comtes on voit mettre le plus souvent en possession de biens d'église par la largesse du roi,

1. Dipl. de Charles le Chauve, (> juin 875 ; de Carlcman, 13 mars 880, Catt. cï.ap. Chdlons, 18 et 22.

?.. Dipl. des 22 mars et 17 avril 838, 16 nov. 839, Gesta Aldrici, 120, 197, et 1 92 ; Précaire d' Agbert, p. 191.

3. Cf. Poupardin, Leroy, de Provence, Append. XII, Note sur les res de cottittutu,

4. Dipl. de Lothaire I, 3 janv. 848, Tardif, 168, p. 106. Il s'agit sans doute du Matfroi, comte du pagus Eifknsis, abbé de Saint- Vaast d'Arias (Parisot, le r<\. de Lorraine, 500). I.e comte Guy, qui tient au diocèse de Troyes la villa de Vendeuvie, propriété de l'égliSe romaine (Ann. Bert., 865, p. 78), est probablement aussi un étranger.

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