‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 679 sur 1164 · GRANDS ET PETITS BÉNÉFICIERS · texte numérisé non relu

GRANDS ET PETITS BÉNÉFICIERS

domaine fiscal ou ecclésiastique. Le plus souvent, ces chapelles faisaient partie du bénéfice à titre de dépendance de la villa où elles étaient construites 1. La jouissance en bénéfice des églises rurales est recherchée par les laïques en raison de leur dotation, dont sans doute ils détournent les revenus à leur usage, et des dîmes et oblations confisquées par les bénéficiers comme par les propriétaires de ces églises2.

Le capitulaire d'Héristal faisait différence entre les précaires ecclésiastiques passés par ordre du roi et ceux qu'accordent spontanément les prélats. Ces sortes de bénéfices se distinguent-ils seulement par leur condition juridique, ou diffèrent-ils aussi par leur composition, et leur importance ?

Les bénéfices cédés volontairement par les chefs des églises appartiennent à deux catégories, que les Polyptyques monastiques de cet âge permettent aisément de distinguer. Les uns sont des bénéfices minuscules, dont les occupants se différencient à peine des tenanciers du domaine et exploitent euxmêmes les quelques manses qui leur ont été attribués 3. Cette catégorie de bénéfices n'est pas représentée parmi ceux qu'un ordre du roi détache de l'avoir d'une église en faveur des hommes royaux, qui sont de condition supérieure à ces petites gens 4.

Les Polyptyques signalent une autre catégorie de bénéficiers que la seule faveur du chef de l'église a mis en possession d'un bénéfice d'importance variable, mais garni de tenanciers, qui cultivent la terre pour le compte du détenteur du domaine. Ces bénéficiers sont des milites de l'abbaye, des vassi de

S >, XIII, 470). Victor, évêque de Coire, se plaint qu'après la division de l'évéché et du comté, son siège ait été dépouillé de la plupart des églises baptismales et des minores tituli (Ep. var. 7, V, 309).

1 . Voiries exemples cités par M. Stutz, loc. cit. Il est rare sans doute, au IXe siècle, que l'église d'un domaine d'évêché ou d'abbaye soit détachée de la villa pour être assignée en bénéfice à un autre que le prêtre qui la dessert. Toutefois, les chapelles des villae royales étaient assez souvent cédées par le roi en bénéfice à des laïques (p. précéd.. n. 8K 11 pouvait disposer semblablement de l'église d'une villa ecclésiastique sécularisée.

2. Sur l'appropriation des dîmes par les laïques, cf. P. Yiard, Hist. de la dîme ecclés. jusqu'au décret de Gratien, 134. A Meaux (cf. p. précéd., 11. 8), les évêques demandent que du moins les laïques qui jouiraient en bénéfice des églises royales n'en usurpent pas les dîmes.

3. Nous connaissons par le Polyptyque d'Irminon un certain nombre de ces petits bénéficiers. Cf. notre article : Les bénéficiers de Saint-Germain des Prés au temps de l'abbé Irminon, dans la R. Mabillon, 1922, p. 73-81.

4. On a VU plus haut (p. 256, n. 1) qu'un bénéficier royal n'a été pourvu aux dépens de l'église de Toul que de 2 manses ; mais il s'agit d'un miles, qui doit faiie servitium au palais. Outre cette parcelle, il tenait sans doute en bénéfice d'autres biens fiscaux ou ecclésiastiques.

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