‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 681 sur 1164 · ÉGLISES ATTEINTES PAR LA SÉCULARISATION · texte numérisé non relu

ÉGLISES ATTEINTES PAR LA SÉCULARISATION

Le hasard qui nous a conservé de simples épaves des anciennes archives ecclésiastiques ne permet ni de dresser la liste complète des églises qui ont souffert des dommages ni d'apprécier exactement leurs pertes. A un moment du moins, il est probable que toutes celles qui possédaient un avoir considérable furent dépouillées suivant une commune mesure. Le premier roi carolingien, Pépin, paraît avoir systématiquement divisé le temporel des églises. Aux environs de l'an 752, toute église disposant de revenus qui pouvaient être taxés de superflus dut les abandonner aux usages publics. En dehors du temps où inventaire et partage des biens d'église furent faits par Pépin 1, l'arbitraire préside aux sécularisations. Ni sous le principat de Charles Martel, ni sous le règne de Charlemagne, ni au temps des fils et petit- fils de Louis le Pieux 2, la sécularisation n'est conduite suivant une méthode rigoureuse; elle n'éprouve pas uniformément toutes les églises, elle frappe indifféremment les riches ou les pauvres, leur inflige des pertes qui ne sont pas nécessairement proportionnelles à leur fortune. Le caprice, les besoins, les dévotions des princes entraînent une distribution très inégale des coups. Telle église très largement dotée a pu être relativement épargnée, telle autre privée de presque tout son médiocre avoir.

En général toutefois, les grandes églises, eu égard à leur immense fortune, éparpillée parfois à travers tout l'empire carolingien, sont les principales victimes des sécularisations. Restées indemnes sous un prince, dans une région déterminée, elles sont atteintes ailleurs et par d'autres rois. Il n'est sans doute pas d'église pourvue d'un vaste établissement territorial qui n'ait été tenue de stipendier les fidèles de Charles Martel et qui, au temps de Charlemagne et de ses successeurs, n'ait entretenu le roi et sa famille, les comtes et les bénéficiers royaux. Les régions où les églises ont été le plus éprouvées sont par conséquent celles où les assises de la fortune ecclésiastique sont le plus anciennes et le plus solides. Plus rares au-delà du Rhin 3, les sécularisations atteignent surtout les

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