ÉVÊCHÉS ET ABBAYES DÉPOUILLÉS
établissements religieux de Lorraine, de Bourgogne et Provence, d'Aquitaine, des pays de la Meuse, de la Seine et de la Loire.
A toutes les époques, au temps de Charles Martel, sous Charlemagne et sous les successeurs de Louis le Pieux, c'est surtout aux dépens des évêchés que s'exerce la confiscation. Les bénéfices anciens que les rois Carolingiens font passer aux mains de leurs fidèles et les nouveaux dont ils les pourvoient sont, pour la plupart, maintenus ou créés aux frais des églises épiscopales. Vraisemblablement, toutes celles de la Francia occidentale ont souffert dans une mesure qui varie, soit suivant leur richesse, soit suivant les dispositions des souverains plus ou moins bienveillants à l'égard d'une église ou d'un prélat, soit enfin suivant les circonstances qui les obligent à s'assurer dans une région déterminée des fidélités chancelantes. Les documents que nous possédons nous renseignent le plus abondamment sur les pertes essuyées du VIIIe au Xe siècle, du fait des Carolingiens, par les églises de Nevers, Autun, Lyon, Vienne, Châlons, Laon, Reims et le Mans. Nous savons aussi que les églises de Trêves, Beauvais, Paris, Sens, Troyes, Auxerre, Metz, Toul, Verdun, Langres, Besançon, Mâcon, Orléans, Tours, Angers, Bourges, Narbonne ont, au cours de la même période, subi des pertes ou entretenu des bénéficiers royaux.
Les abbayes, notamment celles que le roi laissait aux mains d'un abbé de même profession que ses religieux, n'ont pas été épargnées. Elles ne l'avaient pas été, on l'a vu, lors des premières sécularisations. Pépin et Carloman ont dû « consoler » les moines. Les biens enlevés sous Charles Martel à Saint-Denis, à Saint-Wandrille et à tant d'autres monastères sont restés, en majeure partie sans doute, à la disposition des rois qui les cèdent successivement à leurs fidèles. La dîvisio frappa sous Pépin les abbayes ainsi que les évêchés. Comme Charlemagne, les fils et petit-fils de Louis le Pieux puisent aussi parfois dans l'avoir des monastères pour possessionner leurs fidèles. Saint-Amand, Marchiennes, Saint-Pierre-au- Mont-Blandin, Saint-Vaast d'Arras, Saint-Quentin, Saint- Remi de Reims, Stavelot, Prùm, Saint-Maximin de Trêves, Fulda, Saint-Arnoul de Metz, Montiérender, Ferrières, Saint- Martin d'Autun, Saint-Denis, Saint-Germain-des-Prés, Saint-
etn'apu être atteinte parla divisio de 752 qui réserve au clergé et aux moines la part aire à leurs subsistances. Nous avons constaté plus haut qu'après la mort de Louis le Pieux, les Carolingiens do Germanie ne sont pas an-usés, comme ceux des Gaules, d'attenter aux droits des églises (cf. fasc. i, p. 180) et que Louis le Germanique s'i a faitle champion dans les assemblées confraternelles (fasc. i, p. -;>>}.