‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 684 sur 1164 · LES ÉVÊCHÉS ATTEINTS PLUS QUE LES ABBAYES · texte numérisé non relu

LES ÉVÊCHÉS ATTEINTS PLUS QUE LES ABBAYES

Wandrille, Jumièges, Saint-Martin de Tours, Saint- Jean- Baptiste d'Angers, Saint-Martin de Vertou, Saint-Maixent, Saint-Victor de Marseille ont certainement pâti, à diverses époques, des sécularisations ordonnées par les Carolingiens. Quand la villa de Neuilly, propriété de l'église épiscopale de Reims, confisquée sur le bénéficier qui la détenait, eut été attribuée par donation pieuse du roi au monastère d'Orbais, elle continua néanmoins d'être attribuée en bénéfice1.

Toutefois, les fidèles royaux pourvus d'un bien appartenant à une abbaye sont plus rarement signalés et devaient être moins nombreux que les vassi possessionnés aux dépens des évêchés. C'est que la plupart des fidèles du roi entretenus aux dépens des moines recevaient, non pas un simple lot de biens enlevés à l'abbaye, mais l'abbaye elle-même. Elle constitue en effet un bénéfice proprement dit, que le roi cède à un . fidèle, aussi bien à un comte, à un miles, qu'à un ecclésiastique. Le bienfaiteur avait maiivaise grâce à diminuer le bénéfice qu'il octroyait à des serviteurs séculiers, en les obligeant à céder à un autre homme du roi une terre qui en faisait partie. L'abbaye attribuée à un fidèle ne devait servir qu'à son entretien et à celui de ses propres fidèles. Quand, au IXe siècle, les rois constituent des bénéfices aux dépens des abbayes, c'est le plus souvent à l'heure où ils les retiennent dans leur indominicatum. Lothaire II en agit ainsi pour Stavelot et Charles le Chauve pour maintes abbayes qu'il partage entre les siens 2. Le roi est alors substitué à l'abbé et dispose à son gré des bénéfices. Charles donna, en 876, aux uns des abbayes entières, aux autres des bénéfices pris sur Yabbatia de Marchiennes qu'il avait divisée 3. Il la découpait toute en bénéfices, parce qu'il renonçait à la donner entière à un seul.

Quelquefois aussi, un bénéfice était constitué aux dépens d'une simple basilique, de l'église d'un saint 4 ; mais il s'agit souvent d'un bien qui dépend à la fois de cette église et d'un évêché exerçant sur l'église les droits d'un propriétaire. Maints bénéfices empruntés à l'avoir d'une communauté de religieux sont détachés en réalité du temporel épiscopal avec lequel

Page 1