sept. 847, Hist., III, 4, p
272 pertes de l'église du mans
à l'église \ Folembray et Condé qui n'y étaient pas inclus a, sont demeurés, après cette date, aux mains de bénéficiers. Outre les bénéfices tenus en ce temps du roi Charles, d'autres domaines de l'église de Reims étaient aliénés en faveur des rois, ses frères, ou de leurs bénéficiers. Douzy, que Charlemagne et Louis le Pieux avaient gardé dans leur indominicatum, était alors aux mains de Lothaire 3. Le même empereur a restitué à Hincmar des biens sis à Menreval, Termes, Roseroles, sécularisés sous Charlemagne 4. La correspondance qu' Hincmar entretient avec ses collègues pour la défense de biens sis dans les Vosges, en Germanie, en Provence comme en Aquitaine5, permet de soupçonner que les rois avaient disposé aussi de certaines de ces propriétés. Hincmar est averti que les biens de son église sis dans le royaume de Charles de Provence seront confisqués si son maître à lui s'avise de mettre la main sur des biens appartenant aux fidèles du roi provençal6.
Une portion très considérable du temporel de l'église du Mans a été détournée, à diverses époques, pour les besoins du royaume et n'a cessé d'entretenir un grand nombre de bénéficiers royaux. Sous Pépin, Vulsindus tenait par ordre du roi un lot de biens qui paraît comprendre jusqu'cà huit grands domaines, sécularisés certainement dans les temps antérieurs. Adalbert et Haganon ont reçu par son commandement les villae d'Ardin et de Vertéma en Poitou, une autre villa dans le Bordelais, une quatrième dans le pays de Saintes 7 et le domaine d'Ardin, à lui seul, ne comptait pas moins de mille tenanciers 8. S'il faut en croire l'auteur des Actus, Charlemagne, à la faveur d'une vacance, aurait transformé en bénéfices royaux toutes les concessions en précaire spontanément
i. Neuilly constituait le bénéfice de Donat, qui figure parmi ceux dont le diplôme du ier octobre 845 prononce la restitution, mais dontla jouissance ne fut remise effectivement aux archevêques de Reims qu'en 877 [De villa Novil., p. 1169). Au cinquième rang des bénéficiers qui ont tenu Juvincourt « per regium donum » figure un Gibuin, qui est peut-être le Gilbuin détenteur d'un bénéfice restitué par le diplôme de 845. Cf. fasc. i,n. 4 de la p. 70.
2 . Folembray constituait le bénéfice d'Odelharius lors de l'avènement d'Hincmar, qui, par la suite, a confié ce bénéfice à Osvérus (Lettre d'Hincmar de Reims à Hincmar de Laon, Migne, CXXVI, 538). Ce bénéfice n'était donc pas inclus parmi ceux dont le diplôme de 845 opérait la restitution. Condé a été remis, le 24 sept. 861, par le missus du roi aux représentants de l'église de Reims (Notice insérée au Polypt. de Saint- Rémi, éd. Guérard, XXVIII, 66, p. 106).