BÉNÉFICIERS ROYAUX DE L'ÉGLISE DU MANS
octroyées par les évêques du Mans et cette foule de bénéficiers se serait augmentée encore de vassi royaux, auxquels il accordait les biens disponibles de l'évêché, désormais appauvri au point de ne plus pouvoir entretenir un évêque. A la vérité, Charlemagne, après avoir confié l'évêché à Mérolus, puis à Francon, aurait opéré une conversion en sens inverse et remis hommes et bénéfices à la disposition exclusive de l'évêque *. Mais des documents irrécusables, précaires et diplômes royaux, font apparaître, postérieurement à cette date, de nombreux personnages pourvus par le verbum régis de riches morceaux détachés du temporel de l'église du Mans. Willibertus a reçu en précaire de l'évêque Mérolus, par ordre de Charlemagne, d'une part huit villae ou vici publici, d'autre part la cella de Saint-Fraimbault et en vertu d'un troisième précaire une villa appartenant au monastère épiscopal de Saint- Vincent 2. C'est également le verbum régis qui a fait attribuer à l'abbesse Arvina le monastère de Notre-Dame appartenant au même évêché3. Germundus tenait en précaire de l'évêque Francon, par ordre de Charlemagne, les biens précédemment assignés par Pépin à Vulsindus 4. Les propriétés rendues à l'église du Mans par Louis le Pieux avaient été ravies sous ses prédécesseurs et les bénéfices dont il est fait mention alors, étaient certainement tenus déjà par des hommes de Charlemagne. Tels les bénéfices « jadis aliénés par des précaires » dont jouissaient les vassali de Louis le Pieux, Germundus, celui sans doute qui fut nanti par l'évêque Francon, Vulfardus, Berchadus, Bodo et son compagnon 5. Du même empereur l'église obtint restitution de la villa de Neuveville enlevée depuis de longues années et qui avait été récemment donnée en bénéfice à Hérembertus 6. Le comte Banzlegb a prié Louis de rendre la villa de Loudon qu'il tenait de lui en bénéfice moyennant dîmes et nones. Le comte Adalbert a provoqué semblablement la restitution de la villa de Bannes. Le vassalus de Louis le Pieux, Bavon, avait obtenu, le 23 avril 831, par son verbum jouissance de deux villae, Trans et Vintleva, moyennant paiement d'un cens et de la double dîme ; le 23 avril 838, il sollicitait pour l'église la restitution de la première. Le comte
1. Actus, 17, 19 et 21, p. 263, 267, 272-3 ; cf. fasc. 1, Les étapes de lit sécular., 96 et 275.