CERTES SUBIES PAR LES MONASTÈRES
tout exagérées qu'elles sont peut-être, ces réclamations seraient inexplicables si en effet une part notable des biens de l'église, peut-être la plus grosse part de son avoir \ n'avait été aux mains des bénéficiers du roi.
Ces documents ne détaillent que les pertes essuyées par l'église du Mans avant la mort de Louis le Pieux. L'évêché ne fut sans doute pas épargné au temps où régnèrent ses fils et petit-fils. Aldric, fidèle en 840 à la cause de Charles, fut chassé de son évêché et tout y fut mis au pillage 2. Mais cette dévastation est le fait des grands du pays (tyranni) et le pouvoir royal y est peut-être étranger.
Nous sommes moins bien renseignés sur l'étendue du dommage subi par les monastères.
Les nombreux et importants bénéfices, qu'au IXe siècle, les inventaires des biens monastiques décrivent toujours à paît 3 et que les diplômes du même temps opposent semblablement aux biens restés en Y indominicatum des religieux4, ne sont pas aux mains des hommes du roi, mais des milites du monastère ; ce ne sont pas des bénéfices constitués sur l'ordre des princes, mais des concessions faites par l'établissement religieux aux hommes qui le servent 5. La descriptio
1. Le faux dipl. du 20 févr. 840 ne confirme à l'église la possession effective que de 7 cellulae, 2 monastères, 9 vici canonici, 17 villae et les bénéfices de 5 vassaux. Au regard de cette énumération, d'ailleurs aussi peu sincère que la précédente, les biens perdus par suite des concessions en bénéfice faites par les rois seraient bien plus considérables que les biens gardés ou recouvrés à la date de 840.