Gesta Aldrici
3. Tell'inventaire, dit Polyptyque de Saint-Germain des Prés, qui date de l'abbatiat d'Irminon 811-826), dont la ie»partie relative aux biens de l' indominicatum a survécu presque intacte, dont la 2e partie consacrée aux bénéficia a péri, sauf deux courts fragments. Il en était de même des inventaires faits à Saint- Wandrille en 787, à Saint-Riquier en 831, à Wissembourg au temps de Charlemagne, à Saint- Amand au cours du IXe siècle. Cf. notre article Les bénéficiers de Saint- Germain des Prés au temps de l'abbé Irminon, dans la R. Mabillon, 1922, p. 84 et suiv. La partie consacrée aux béaéfices dans le Polyptyque de S. Germain ne décrivait que les importants bénéfices sur lesquels vivait une population de tenanciers. La partie consacrée à V indominicatum décrit de petits bénéfices, dont les occupants sont à peine au dessus de la condition des simples tenanciers.
4. : « tara ex dominicatis villis quam et ex villis in beneficio datis» (dipl.de Louis le Bègue pour Saint-Martin de Tours, 5 sept. 878, H F, IX, 407) ; « de omnibus villis tara de indominicatis quam ex beneficiatis totius abbatiae » (Dipl. de Charles le Chauve pour Marehiennes, 11 juill. 877, VIII, 667 ; pour Denain, 13 août, p. 673) ; « tam deindominicatu... et de beneficiatis » pour Nivelle, p. 666) ; « ex reliquis facul tatibus monasterii quae vel dominico jure vel beneficiorum consue.udine detinentur » (Décret du conc. de Pitres, 864, pour Saint-Germain d'Auxerre, Quantin, Cart. Yonne, 45, I, 89).
5. Nous croyons avoir établi dans l'art, cité (209 et suiv.) que, comme le pensait Guérard (Proleg., 566) et à rencontre du sentiment de M. F. Lot (Conject. dèmogr. sur la France au IXe s., dati= Le Moyen-âge, 1921, n. 2, de la p. 9), les bénéficiers de haut rang que nous connaissons à S. Germain des Près ne sont pas les hommes du roi, mais ceux du monastère. Cette conclusion nous paraît certaine pour les
276 BÉNÉFICIERS DU ROI ET BÉNÉFiCIERS DE L'ABBAYE
des biens d'un monastère ne faisait jamais état, semble-t-il, des bénéfices des vassi royaux 1. Il est dit expressément de l'inventaire rédigé à Saint-Wandrille, en 787, qu'il ne comprenait pas les propriétés détenues par les hommes regii 2. Les biens d'un monastère dont un roi a pourvu ses fidèles sont en effet soustraits à l'avoir monastique 3. Des bénéfices de cette sorte ne pouvaient être rangés parmi ceux dont l'établissement disposait librement. Leur place était marquée plutôt dans les inventaires, dont la rédaction est ordonnée par un capitulaire 4, et qui énuméreront d'une part les villae royales demeurées aux mains du monarque et d'autre part les bénéfices tenus du roi, qu'ils proviennent du fisc ou de propriétés d'église. Les bénéfices que décrivaient les inventaires dressés à Saint- Germain des Prés, Saint-Wandrille, Saint-Riquier, Wissembourg, Saint-Amand 5 ne sont donc pas ceux d'hommes royaux. Telle n'est pas davantage la condition des bénéficiers qui, à Corbie, n'acquittent qu'une simple dîme, soit à l'hôtelle-
détenteurs dos quatre bénéfices décrits clans le fragment conservé de la sei partie du Polyptyque. Il est vraisemblable que les bénéficiers dont le nom est > ité dans la première parti", en qualité de maîtres de certains serfs, colons ou serves (art. cité, p. 81 et suiv.), appartie ment à la même classe et que leurs bénéfices tenus des moines étaient décrits dans la portion perdue de la deuxième partie. Il se pi uf pourtant que le rédacteur du Polyptyque ait signalé des serves provenant d'un bénéfice tenu du roi et désigné semblablement par le nom du détenteur.