‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 709 sur 1164 · LE CHEF DE L'ÉGLISE N'EST PLUS CONSULTÉ · texte numérisé non relu

LE CHEF DE L'ÉGLISE N'EST PLUS CONSULTÉ

bénéfice de celui-ci, appartenant à Saint-Nazaire 1. Son successeur, Guillaume Tête d'étoupes, cède à deux époux un bien de son beneficium, à savoir cent aires de marais salans, sis en Aunis, dans la resde Saint-Sauveur 2. A la prière du vicomte Savary, il livre aux moines de Saint-Cyprien un autre bien dépendant de Saint-Sauveur et qui était compris dans le bénéfice de ce vassal 3. Sur la demande du même vicomte et d'Élie son vassal, il donne à cens une terre du bénéfice de ces seigneurs ; elle faisait partie du bien de Saint-Remi et appartenait à la mense des chanoines de Saint-Hilaire 4.Vers 986, Guillaume Fiérabras cède en bénéfice à Adraldus des biens sis à Ansoulesse, sur la terre de Saint-Denis 5. Vers le même temps, les moines de Saint-Cyprien disposent de biens qui appartiennent à Saint-Pierre, probablement l'église épiscopale de Poitiers6. Ils ont recueilli des donations sur la terre

1. Notice : « per deprecatiouem Rotgarii... aliquid ex ejus beneficioin rem sancti Nazarii » (Rédet, Cart. S. Cyprien, 528, p. 318). Suivantl'acte original, son vassal, Roger, l'a prié de céder «aliquid exuo beneficio pertinentem ex ratione sancti Nazarii »(n.i de la p. 318). Cette église de Saint-Nazaire possédait à Angoulinsdes marais salants dont disposent en faveur de Saint-Cyprien Adélelmus en 937, le prêtre Gérarius en 928, Géraldus en 941, le prêtre Abbon en 947 (523-525, 527, p. 316- 318). Le bien de Saint-Nazaire avait donc été dispersé en un grand nombre de mains.

2. Charte de Guillaume : « aliquid ex nostro beneficio... in rem sancti Salvatoris » (Richard, Chartes de Saint- Maixent 14, p. 27).

3. Cart. S. Cyprien, 545, p. 323-4. Le bien de Saint-Sauveur, comme celui de S lint-Nazaire était éparpillé entre de nombreuses mains qui en disposent à volonté (522, p. 316 ;544, p. 323).

4. Rédet, Doc. S. Hilaire Poitiers, 20 p. 25 : « in rem sancti Remigii et est in fraterno frosto ». Le cens sera payé non pas aux chanoines, mais au possesseur du bénéfice. Cette pièce de terre appartenait sans doute à une église rurale ou à une cella de Saint-Hilaire affectée à la mense des chanoines. Néanmoins, le comte abbé l'a fait figurer dans le bénéfice du vicomte de Thouars, qui lui même l'a sous inféodée à son vassal Élie. Celui-ci enfin fait ratifier par le comte abbé la cession à cens qu'il consent à un personnage, sans doute un tenancier libre.

5. Cart. S. Cyprien, 308, p. 193. Vers 993, Guillaume III cède à Gislale même bien « ex beneficio quod quondam fuit Adraldi, et est sita... in rem sancti Dionisii > (309, p. 193). La mention « in rem sancti Dionisii » se retrouve dans d'autres acte; concernant Ansoulesse (1 01 0-1020, 310, p. 149 ; c. 1020, 311, p. 195). Elle n'apparaît plus dans les actes de la fin du XIe siècle (317, 318, 321, p. 198, 200).

6. L'abbé Gérau donne à cens, en 975, à un diacre de Saint-Pierre la terre de Saint- Cyprien à Savigny, « que est in rem sancti Pétri » (104, p. 81). Le diacre de Saint- Pierre qui reçoit ce bien est évidemment un chanoine de la cathédrale de Poitiers. La res sancti Pétri est sans doute aussi l'avoir de la cathédrale. Vers 934, l'évêqut de Poitiers, Frothaire, à la prière delà vicomtesseAremburg, cédait deux quarte; du bénéfice de celle-ci, sises à Savigny, au monastère de Notre-Dame et de Saint- Martin (232, p. 150). L'év.êché de Poitiers était donc bien propriétaire à Savigny. La donation faite par Sancfrédus aux moines de Saint-Cyprien de marais salant; sis à Conon « in rem sancti Pétri » (529, p. 319) est peut-être faite aussi aux dépens de l'église de Poitiers. Les moines ont été gratinés et disposent à leur gré de bi( 1 ; sis « in villa Lainiaco, in rem sancti Pétri Vendobrie » (68, p. 62), « in curtc Vinc'c bria et est de terra sancti Pétri » (73, p. 64) ; « in potestate sancti Pétri, ex curt( Vindopere, in villa... Mont » (77, p. 70). Il s'agit sans doute ici d'une église Saint- Pierre sise à Vendeuvre et qui est propriétaire en diverses localités. De l'avoir ck cette église dispersé entre plusieurs mains il est disposé au gré des occupants.

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