‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 729 sur 1164 · DISPARITION DU CENS · texte numérisé non relu

DISPARITION DU CENS

Charlemagne et Louis le Pieux, ne l'est plus que très irrégulièrement par Lothaire I, bien qu'Hincmar se contente d'un cens inférieur de moitié à celui qu'acquittait Charlemagne. L'archevêque, qui paraît avoir obtenu gain de cause auprès de Lothaire I, a dû renouveler ses démarches sous son fils. Après la mort de Lothaire II, qui retenait le cens au grand péril de son âme, Louis le Germanique l'a payé ; mais son fils s'est de nouveau montré récalcitrant 1. Dès le temps de Louis le Pieux, les bénéficiers se dérobent à la charge du cens. Frothaire, évêque de Toul,fait demander à l'empereur restitution de biens soustraits à son église en faveur d'un miles serviteur du palais, biens pour lesquels aucun cens n'est plus acquitté, attendu que l'ancienne constitution est tombée en désuétude2. Les ordres donnés à ses missi par Charles le Chauve montrent que les détenteurs des biens d'église refusaient ordinairement le cens. Le silence gardé au sujet de cette redevance par les prélats et les rois quand ils réclament ou imposent la double dîme marque peut-être qu'on en faisait le sacrifice.

Réduite à un double dîmage du revenu, l'obligation qui incombe aux bénéficiers royaux de reconnaître par là le droit de l'église et de contribuer à ses dépenses a-t-elle été mieux respectée ?

Des règles établies, à la fin du VIIIe siècle, par Pépin et Charlemagne pour la perception des doubles dîmes mention est faite pendant tout le cours du IXe et du Xe siècles. En faisant passer aux mains d'un nouveau bénéficier ou même du recteur d'une autre église des biens ecclésiastiques précédemment tenus par l'un de leurs fidèles, les rois stipulent que les doubles dîmes continueront d'être payées à l'établissement propriétaire, suivant l'ancienne coutume, suivant la coutume des églises3. Souvent, quand un bien sécularisé jadis est

LL, II, P. ait., 46) et Hincmar pense qu'il a été établi parle roi Pépin (Ep. syn. Carisiae., 7, Cap., II, 433). On a vu ;fasc. 1, p. 115, n. 1 et 2) que, sous Charlemagne et Louis le Pieux comme précédemment, certains cens payés par des bénéficier?, qui pourtant acquittent ladouble dîme, sont relativement élevés. Deméme,le cens payé, en 935, à Saint-Symphorien et à Saint- André pour une seule villa est de 10 sous (cf. plus haut, p. 290). Au contraire, Warulf us, en 924, n'acquittait pour un courtil qu'un cens de 12 deniers (loc. cit.).

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