INVENTAIRE ET PARTAGÉ DANS LES MONASTÈRES
Widolaicus, en 787, un inventaire dressé sur l'ordre de Charlemagne montra que les religieux avaient pour leurs usages jouissance de 1.569 manses et que les bénéficiers, c'est-à-dire les hommes du roi et autres personnages à qui Widolaicus avait indûment livré des biens du monastère, en retenaient 2.395 1. Vraisemblablement, au jugement de Pépin, quelque quinze cents manses suffisaient aux besoins des moines et Widolaicus avait été invité par lui à céder encore à des hommes royaux 2 des biens épargnés sous Teutsindus. Celui-ci n'avait disposé pour les étrangers que du tiers du patrimoine 3 ; l'ensemble des biens cédés en bénéfice sous Widolaicus représentait près des deux tiers de l'avoir monastique. C'est sans doute à ce propos que les moines se plaignirent à Pépin quand il vint prier au tombeau de saint Wandrille ; mais le roi n'écouta pas leurs requêtes et se contenta de leur faire remettre un domaine 4.
A Saint-Martin de Vertou, on racontait au IXe siècle qu'enquête avait été faite jadis par ordre du roi au sujet des biens des saints lieux et que la moitié des propriétés avait été inscrite alors au compte du fisc 5. A la suite de ce partage entre le fisc et les moines de Vertou, l'enquêteur aurait déclaré au roi que la part faite à ces religieux était plus considérable que la fortune entière d'autres monastères et qu'il convenait de la réduire encore. Le tiers, affirmait-il, leur suffirait 6 ; car point n'est besoin à des moines voués à un vêtement modeste et à une pauvre alimentation de posséder d'opulents domaines. Qu'ils se contentent du nécessaire et abandonnent la plus grande part à ceux qui font la guerre au service du seigneur roi 7. Un miracle du saint aurait seul empêché cette nouvelle divisio. Telle est l'idée qu'au IXe siècle on se faisait d'un inventaire puis d'un partage des biens ecclésiastiques opéré par ordre royal. Le fait consigné par l'historiographe et qu'il rapporte à tort au temps de