‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 72 sur 1164 · DIVISIO» DU TEMPOREL MONASTIQUE · texte numérisé non relu

DIVISIO» DU TEMPOREL MONASTIQUE

nus d'une saline, la villa de Chamvers avaient été alors attribués à l'église qui néanmoins en fut frustrée par la suite. Louis le Pieux, sur la plainte de l'évêque Hildebald, décida qu'en vertu du partage effectué autrefois, ces biens devaient appartenir à l'évêché. On conservait aussi à Trêves le souvenir d'une sécularisation que l'évêché aurait soufferte au profit du comté sous l'évêque Véomad l. A Sens, au temps de Louis le Pieux, on rappelle la divisio qui fut faite autrefois des biens de l'église. Les évêques n'ayant plus de quoi se suffire, étaient obligés de confisquer à leurs usages les biens des monastères dépendant de leur évêché 2. Dans ces deux églises, il se peut qu'on ait procédé au partage sous Charlemagne 3, mais le fait qu'à Mâcon la divisio perpétrée autrefois date du règne de Pépin, donne lieu de penser qu'ici aussi il s'agit du partage qui, au témoignage des annalistes, fut fait du temporel ecclésiastique dès le commencement du règne de Pépin.

L'inventaire et la divisio atteignirent l'avoir des monastères et des basiliques comme celui des églises épiscopales. Au concile de Ver de 755, il fut fait mention de la portion précédemment remise aux monastères et aux églises des vici pour la subsistance des moines et des clercs 4 ; il s'agissait sans doute à la fois de la part des biens rendue à des établissements pauvres et de la portion laissée à ceux qui étaient assez bien pourvus pour subir la divisio. Saint-Wandrille avait essuyé de grandes pertes sous Charles Martel ; néanmoins c'est, semble-t-il, en vertu d'une divisio nouvelle qu'une part fut faite aux moines sous Pépin. A la mort de l'abbé

1. Dipl. de Louis l'aveugle, 19 sept. 902. Il a été prié de restituer à l'église de Trêves « monetam, theloneum, censales... que quondam tempore Wiomadi... archiepiscopi de episcopatu abstracta et in comitatum conversa fuissent ». Le roi décide que ces droits passeront «de comitatu ad episcopatum »(Beyer, UB Mittelrh. Territ., 150, 1, 214). Il est peu vraisemblable qu'à la fin du vme siècle, un évêché ait possédé la monnaie de la ville. Toutefois il se peut que Milon ait usurpé à Trêves les droits régaliens en même temps que l'évêché et que sous son successeur Véomad, la monnaie et les tonlieux aient passé au comte. En ce cas, il y aurait eu à Trêves une séparation du comté et de l'évêché semblable à celle #que Charlemagne ordonna à Coire où les deux dignités étaient précédemment dans les mêmes mains. Plus vraisemblablement, quand au X° siècle le monnayage fut attribué aux archevêques, on supposa qu'une restitution leur était faite ; mais peut-être a-t-on tiré parti du souvenir qu'on gardait encore d'emprunts faits jadis à Yepiscopatus pour constituer le comitatus.

2. : « per divisionem olim factam » (Dipl. de Louis le Pieux, 18 mai 822, Quantin (art. de l' Yonne, 17, ï, 34 ; de Charles le Chauve, 847, 27, p. 54).

3. A Trêves, Véomad étant mort en 791, il se peut que la diiisio ait été faite sous Charlemagne, comme le pense M. Poschl (p. 130) : mais il nous paraît plus probable qu'elle eut lieu au début de son épiscopat et du règne de Pépin.

Page 1