‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 734 sur 1164 · ORDRE DE PAYER LA DOUBLE DÎME · texte numérisé non relu

ORDRE DE PAYER LA DOUBLE DÎME

Il en est qui laissent en friche les terres astreintes, à cette contribution pour n'avoir pas à la solder *. Le 27 février 838, l'évêque d'Angers dénonçait à Pépin I d'Aquitaine les vassaux de ce roi qui, mis en possession de biens de son église, 1 etiennent les dîmes et nones 2. A Meaux et à Paris, en 845, les évêques se plaignent de la négligence qu'on apporte à verser aux églises cette redevance ; on la r ej ette avec mépris 3. Le doma ine de Neuilly avait été cédé en bénéfice par Charlemagne aux dépens de l'église de Reims ; mais j usqu'à la. mort de cet empereur, elle en avait eu vestitura, grâce au paiement des nones et dîmes. Par la suite et jusqu'en 876, le bien est demeuré aux mains de bénéficiers ; mais l'église en avait perdu la vestitura, elle ne percevait plus la double dîme 4. Hincmar a fait savoir en effet à Charles le Chauve, que les nones et dîmes dues à l'église de Reims pour les biens dont disposèrent les rois, ne sont plus payées 5. Le clergé du Mans élevait des plaintes semblables 6. Dans les dernières années du règne de Charles le Chauve, l'archevêque de Bourges, Vulfad, reproche à ses diocésains de soustraire les dîmes et nones aux églises 7.

Les rois ne cessent d'adresser à ce sujet des admonitions à leurs fidèles réunis au plaid et de renouveler l'ordre de payer la double dîme 8. Dans les assemblées locales qu'ils président, les missi royaux pressent les grands du pays de payer fidèlement les nones et dîmes 9. Évêques et papes adressent aux détenteurs des biens d'église mêmes objurgations10. Les conciles se référant aux prescriptions royaler réclament l'acquitte-

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