‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 75 sur 1164 · LA «DIVISIO» EN AQUITAINE · texte numérisé non relu

LA «DIVISIO» EN AQUITAINE

Dagobert est peut-être un souvenir exact de l'événement que les annalistes notent sous Pépin *.

Cette portion réservée aux églises est sans doute celle que signale le capitulaire aquitain de 768. On y confirme la décision prise dans un synode royal précédent : évêques, abbés, abbesses, prêtres posséderont en paix la portion des biens affectée à leurs besoins 2. Cette part est ou bien celle qui leur a été restituée, si leur église n'a plus de quoi les sustenter, ou celle qui leur est laissée après que leur patrimoine a subi la divisio dont un inventaire a été vraisemblablement le signal. Sitôt maître de l'Aquitaine, Pépin a réglé en synode cette question dans le sens où elle l'avait été déjà en Francia. C'est sans doute surtout à ceux qu'il a réduits à la portion congrue par une sécularisation nouvelle que le roi songe en promulguant son capitulaire. Si quelqu'un, ajoute Pépin, soustrait désormais quelque bien qui figure parmi les domaines ainsi réservés, il devra le rendre intégralement. Puisque le roi interdit de rien dérober de cette part, n'est-ce pas que le reste a été pris et distribué par son ordre ? Deux autres articles du même capitulaire ont en effet pour objet de régler les obligations des laïques qui tiennent en bénéfice l'autre portion des biens 3.

De la Francia, la sécularisation des biens d'église fut étendue par Pépin à l'Aquitaine conquise. Charlemagne, qui continue dans cette région la divisio commencée par son père, applique, semble-t-il, le même régime à l'Italie 4. Les rois carolingiens élargissent le champ de la divisio à mesure que l'annexion de nouvelles contrées les oblige à y établir leurs comtes et

1. Au IXe siècle, époque où écrit l'hagiographe, Pépin jouit auprès du clergé et des moines d'une excellente réputation. Les procédés funestes aux églises qui pourraient justement lui être reprochés, sont imputés soit à Charles Martel, le premier qui suivant Hincmar divisa les biens d'église, soit, comme le fait l'auteur des tniracula de Saint Martin, à Dagobert, qui lui aussi a mauvaise réputation au IXe siècle.

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