‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 762 sur 1164 · LA CHARGE DES RÉPARATIONS TOMBE EN DÉSUÉTUDE · texte numérisé non relu

LA CHARGE DES RÉPARATIONS TOMBE EN DÉSUÉTUDE

Vraisemblablement, quand les ressources dont dispose une église suffisent à l'entretenir, on ne réclame pas l'aide peu efficace des occupants séculiers. Le concile de Meaux prescrit de construire près de la cathédrale un cloître pour les chanoines ; si l'église est trop pauvre pour subvenir à tous les frais, alors il faudra que la puissance royale contraigne les bénéficiers à en acquitter une part 1. Évidemment, une église riche construira le cloître à ses seuls dépens.

Hincmar de Laon a mandé près de lui ses hommes qui tiennent des biens de son évêché par ordre du souverain et qu'il affecte de considérer comme dépendant exclusivement de son église. Il voulait conférer avec eux au sujet du service du roi et de la main-d'œuvre dont l'église avait besoin. Ils ne se sont même pas rendus à sa convocation 2. Le même évêque parle d'un autre bénéficier que l'autorité royale a mis en possession de biens affectés au luminaire de l'église. Depuis trois ans, Hincmar n'a pu obtenir qu'il se présentât devant lui. La charge que ce bénéficier eût dû supporter pour les travaux de l'église lui a été remise par le prélat 3, probablement parce que celui-ci savait bien ne pouvoir rien obtenir du récalcitrant. L'un des griefs de l'évêque contre Ragénard qu'il a privé de son bénéfice, c'est que cet homme s'est soustrait à la plus grande part du travail qu'il eût dû exécuter aux dépens de sa terre dans l'église de Laon 4.

Au concile de Langres, les évêques renouvellent en leur nom la prescription des Capitulaires. Ils déclarent d'ailleurs s'en rapporter à ce que décidera sur ce point la prudence de leurs souverains 5. Mais dans la seconde moitié du IXe siècle, les rois gardent le silence sur cet objet ; ils ont renoncé sans doute à maintenir l'ancienne législation, qui tombe peu à peu en désuétude. Hincmar de Reims lui-même paraît n'en comprendre plus exactement la portée. En 858, il écrit que Pépin a institué le paiement des dîmes et nones pour la réparation

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