La demande de restitution
L'un des soucis essentiels des prélats du IXe siècle est de se faire délivrer par la chancellerie du prince des préceptes qui restituent à leur église les biens dont elle a été dépossédée par son ordre ou celui de ses prédécesseurs. Comme une restitution ne saurait être obtenue que par les moyens qui procurent aux églises une donation, il convient de s'adresser aux sentiments religieux du monarque, de mettre à profit le crédit personnel dont le prélat et ses amis jouissent auprès de lui, de faire appel à sa pitié en lui représentant la pénurie dont souffre une communauté. A la requête qu'il lui présente, le prélat peut ajouter un motif qu'il n'y a pas lieu d'invoquer quand on sollicite un don ; il s'agit de réparer une injustice criante, de reconnaître le droit strict de l'église. Mais, comme tout dépend de la faveur du monarque, il importe de ne pas lui
i. BM 937, Gesta Aldrici, 186.