Les promesses, la restitution conditionnelle
Soucieux à la fois de donner satisfaction au clergé et de ne pas indisposer leurs fidèles laïques, les rois ont cherché à concilier ces intérêts contraires.
Le clergé fut souvent payé de promesses. Carloman qui a stipulé d'abord une intégrale restitution en faveur de toutes les églises, a dû très vite se dégager vis à vis d'elles et la seule satisfaction qu'à cet égard il leur laisse à Estinnes, consiste à maintenir le caractère provisoire des sécularisations 2. Si Pépin a vraiment promis de reconstituer plus tard le temporel entier des évêchés dont il ne rendait qu'une moitié ou un tiers 3, il s'est vraisemblablement contenté de rassurer par de bonnes paroles les évêques qui fréquentaient le palais ; le prince s'est gardé sans doute de publier au plaid une ordonnance analogue à celle qu'avait rendue Carloman au premier synode de réforme. Par la suite, à part peut-être le vœu prononcé par Charles le Chauve et dont nous ne connaissons pas d'ailleurs la portée exacte 4, aucun engagement semblable n'a été pris par un Carolingien. Louis le Pieux a décidé que le patrimoine des églises ne serait plus divisé, mais il ne s'est pas fait fort de leur rendre tout ce qui leur avait été enlevé.
Les promesses qu'un souveiain accorde à une église particulière, ou sont limitées aux biens dont la perte est récente et qu'il a sécularisés en personne, ou sont vagues et indéterminées à dessein. A Beauvais, Charles le Chauve ne s'est engagé à rendre intégralement à l'église de Reims que ce qu'il lui avait ravi pendant la vacance du siège ; les biens sécularisés avant son avènement n'étaient pas en question et il n'a certainement pas rendu à l'église, à l'issue du synode, la jouissance de tous ceux qu'elle avait perdus 5. En 850, il déclare que désormais