L'ÉVÊCHÉ DE REIMS DIVISÉ
Celui-ci impose à l'église mancelle des sacrifices peut-être plus grands encore. A la mort de Gauziolène, Charlemagne aurait converti en bénéfices royaux toutes les concessions faites par cet évêque et distribué à ses vassaux les biens disponibles 1. L'auteur des A dus raconte ailleurs que, pour punir Gauziolène d'une intrigue qu'il avait ourdie, le roi dépouilla l'église de ses biens ; dommage, ajoute l'historiographe, que Charles n'a fait subir à aucune autre église. De ces récits peu concordants retenons seulement qu'au IXe siècle, en dépit du respect dont était entourée la mémoire du grand empereur, on conservait au Mans le souvenir de graves atteintes portées par lui au temporel de l'évêché du Mans. Les nombreuses concessions en précaire faites par son ordre en témoignent d'ailleurs suffisamment. Le Ier Mai 778, l'évêque du Mans, Mérolus, pour obéir à Charlemagne, cède en bénéfice le monastère de Notre-Dame, propriété de l'évêché du Mans 2. Un fidèle du roi, Willibertus, obtint sur son ordre en précaire plusieurs domaines dont l'église avait été déjà dépossédée3, ainsi qu'une cella appartenant à l'église 4 et dont elle avait gardé sans doute jusque-là la disposition. Au même personnage fut accordé aussi, sur commandement royal, l'usufruit d'une villa qui dépendait du monastère épiscopal de Saint- Vincent 5.
L'église de Reims qui, comme celle du Mans, a la fortune d'avoir pour ce temps un historien, subit elle aussi grave préjudice. Charlemagne a donné en bénéfice à un saxon la villa de Neuilly, propriété de cette église 6. Sous son règne, les domaines de Menreval, Termes, Roseroles ont été enlevés à l'évêché et affectés aux usages publics 7. De l'évêque Tilpin