‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 825 sur 1164 · RESTITUTION DE BIENS QU'A TENUS UN BÉNÉFICIER · texte numérisé non relu

RESTITUTION DE BIENS QU'A TENUS UN BÉNÉFICIER

magne et qu'avait eus jusque-là en bénéfice le défunt comte Autulfus. Il est évident que l'empereur a profité de la mort du comte bénéficier pour restituer ces domaines, qui sans doute avaient été rattachés au comté l. Lothaire I restitue à l'église de Reggio deux curtes qu'il avait données en bénéfice à son fidèle Richard décédé récemment 2. En 921, Charles le Simple, à la prière deBeuves, évêque de Châlons, restitue à son évêchr des biens qui lui ont été enlevés, à savoir une église et deux villae que le comte Bernard tenait lorsqu'il était en vie 3.

La vacance d'un bénéfice paraît avoir été l'occasion la plus ordinaire des restitutions faites effectivement aux églises. C'est qu'en effet le bien fait alors retour à Yindominicatum royal ; il ne dépend donc plus que du roi qu'il en soit fait restitution. L'évêque.de Nevers, Abbon, a prié Carloman, en 881, de rendre à son église une villa, qui longtemps avait été possédée par des étrangers en bénéfice. Le roi la restitua, en décidant que l'église l'emploierait pour les usages des pauvres, la nourriture des clercs ou des serviteurs de l'église 4. Le bien dont l'église a ainsi repris possession a cessé d'être occupé par ces étrangers dont le roi récompensait naguère les services. L'évêque a profité de l'instant où le bien passait dans Yindominicatum du roi pour en demander la restitution.

C'est vraisemblablement à la suite du décès d'un fidèle, que sont délivrés les nombreux diplômes qui déterminent les biens restitués à une église en signalant le personnage qui les avait détenus. Ces biens ne sont plus aux mains d'un bénéficier; ils avaient constitué le bénéfice d'un personnage qui n'est plus. Lothaire rend à l'église de Lyon des biens, tels que Bertmundus et son père, Ebrardus, les ont eus, à la connaissance de tous, en bénéfice 5. Un peu plus tard, il confirme dans les mêmes termes la restitution de ce bénéfice, mais ajoute à la liste des biens rendus « ce que l'on sait que Gunduinus a tenu en bénéfice »6. Ce personnage était encore en vie au temps où l'empe-

1. 8i8, Form. imper., 6 : « res quas hactenus Autulfus quoudam cornes in beneficium habuit » (Zeumer, 292). Ce diplôme, qui a trouvé place dans le recueil de formules employé par la chancellerie impériale, est une charte type dont les dispositions ont dû être fréquemment reproduites et qui répondait à un cas qu'on rencontrait souvent.

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