‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 827 sur 1164 · DÉCÈS DU BÉNÉFICIER OCCASION FAVORABLE · texte numérisé non relu

DÉCÈS DU BÉNÉFICIER OCCASION FAVORABLE

reur avait rendu le bénéfice de Bertmundus; mais, comme à cette heure sans doute Gunduinus est mort, son bénéfice est restitué aussi à l'église de Lyon. Au contraire, par le même diplôme, Lothaire déclare rendre tout ce que possède en bénéfice Adalard. Celui-ci est encore vivant ; il tient le bien dont le roi restitue à l'église la nue propriété. Tout aussitôt en effet, il stipule qu' Adalard gardera le bien en usufruit, moyennant l'acquittement de la double dîme 1. Vraisemblablement, chaque fois qu'un souverain rend un bien qu'un fidèle a tenu (tenuit), il faut entendre que ce dernier est mort 2 ; s'il vit encore et s'il tient présentement le bien (tenet) 3, l'église ne peut ordinairement prétendre qu'à la reconnaissance de son droit de propriété.

Très souvent, bien que les textes ne mentionnent pas la circonstance du décès du bénéficier, il est très vraisemblable qu'elle a provoqué la requête du prélat qui obtient restitution d'un bénéfice. Hincmar donne la liste des personnages qui tinrent duroiAguilcourtet Juvincourt, jusqu'au jour oùl'évêque de Laon, Pardulus, obtint de Charles le Chauve restitution des manses qui appartenaient à son église 4 ; probablement, ce fut à la mort du dernier des bénéficiers dont il a consigné les noms. Aldric a peut-être saisi l'opportunité de la mort d'Hérembertus pour réclamer les biens qui constituaient

i. : « eis vero quas superius positas Adalardus fidelis noster tenet, volumus ut suae tantum vitae diebus usu fructuario dominetur, eo tamen tenore ut annuatim nonas et décimas earum eidem conférât ecclesiae ; post vero ejus decessum... illico (ecclesia) recipiat » (loc. cit.).

2. Cette conclusion nous paraît certaine pour les bénéficiers, Ebrardus, Bertmundus et Gunduinus signalés plus haut. De même le 15 mai 866, Charles le Chauve restitue à l'église de Châlons « quicquid Gerardus cornes in Witriniaco villa et in Tonatia fisco nostro aut ex rébus que fuerunt ejusdem sancti Stephani aut ex fisco nostro habuit et quicquid Hugo vasallus noster in predicta Witriniaco villa de fisco nostro habuit » (Cart. chap. Châlons, 35). Le roi attribue à l'église des biens sur lesquels elle avait des droits et d'autres qui appartenaient à son fisc ; le tout avait constitué un bénéfice qui est présentement libre. Le roi y ajoute maints autres biens fiscaux qu'a eus en bénéfice le sepedictus Hugues. Évidemment, il n'a pas dépouillé son vassal de tant de biens sur lesquels l'église n'avait aucun droit ; celle-ci recueille l'héritage d'un défunt. De même, en 885, Charles le Gros restitue aux usages de l'évêque de Toul une villa, « quam hactenus tenuit jure benefïciario vasallus noster Gekyrelinus » (HF, IX, 338).

3. Il est dit, on l'a vu, d'Adalard qu'il tient les biens de l'église de Lyon, dont le roi lui assure ensuite l'usufruit. De même, Lothaire II, prié de rendre des biens à l'église de Besançon, déclare ne le pouvoir pas, « quia easdem villas ab Attone... tenere (et non pas fenuisîei videbantur » et parce qu'il importe de ne pas relâcher les liens de fidélité qui unissent ce vassal à sa personne (icr févr. 869, Gall. Christ., XV, Instr., col. 4).

4. L V Cap., r : t tempore praefatorum seniorum (cf. Les fripes de !<i sécular , p. 67, n. 2), qui Bertmundo in eadem villa successerunt,... usque dum Pardulus episcopus apud istum clomnum Carolum ipsa mansa impetravit ecclesiae Laudunensi restitui » Migne, CXXVI, 294).

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