‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 828 sur 1164 · LE DÉCÈS DU BÉNÉFICIER FACILITE LA RESTITUTION · texte numérisé non relu

LE DÉCÈS DU BÉNÉFICIER FACILITE LA RESTITUTION

son bénéfice et qu'une enquête prouva être la propriété non du fisc, mais de l'église du Mans l. Le? termes « bénéfice d'Hérembertus» déterminaient mieux que toute autre expression le lot de terres qui, détenues de son vivant par ce personnage, firent retour à l'église, parce que l'empereur a renoncé à les mettre aux mains d'un autre bénéficier. Quand une pièce d'originemancelledésigneparmi les biensrestitués les bénéfices de cinq vassaux de l'empereur dont les noms suivent 2, on désigne sans doute commodément par le nom du dernier détenteur chacun des cinq bénéfices qui sont rentrés dans Y indominicatum de l'église après la mort de ces personnages. On a vu aussi que maintes restitutions opérées par les rois aux dépens du bénéfice comtal, à propos desquelles la prière ou le consentement du comte n'est pas signalé, s'expliquent probablement par son décès.

La mort d'un fidèle supprime aussi en partie l'obstacle qu'opposait à la restitution des biens d'église leur passage aux mains des hommes de ce serviteur du roi. Le souverain, qui ne peut s'aliéner les grands en dépouillant leurs gens, n'éprouve plus les mêmes scrupules quand ils ont perdu leur seigneur. Lothaire I restitue à l'église d'Autun la terre de Volnay envahie par feu le comte Aldric et cédée par celui-ci à son vassal Rotfride 3. Vraisemblablement, l'empereur avait autorisé cette spoliation, mise ici au compte d' Aldric ; Lothaire dépouille le vassal d'un mort ; il n'eût pas eu sans doute la hardiesse de reprendre ce bien à Rotfride du vivant du comte.

Le décès du détenteur est d'ailleurs simplement une circonstance favorable à la restitution. Il est toujours indispensable que le roi intervienne pour remettre l'église en possession. Aussi en pareille occurrence, des sollicitations sont faites auprès du monarque. Alcuin écrit à Charlemagne qu'à la

i. On a vu plus haut que la restitution du bénéfice d'Hérembertus peut s'entendre d'une restitution du droit de propriété (plus haut, p. 344). En ce cas, bien que la terre ait été remise « in utilitates et usus aecclesiae », elle resterait aux mains du bénéficier. Le rédacteur n'a pas précisé cette réserve stipulée dans d'autres diplômes. L'église ayant obtenu antérieurement, semble-t-il, pour ce domaine la vestitura des dîmes et nones (p. 359, n. 1), la restitution du 8 janvier 833 paraît bien avoir rendu à l'église la jouissance des biens qui constituaient le bénéfice d'Hérembertus. Le rédacteur ne dit ni que ce personnage avait tenu (tenuit) les biens, ni qu'il les tient (tenet). Mais s'il les tenait encore, le diplôme ne manquerait pas de signaler son désistement, en l'hypothèse où la jouissance est rendue à l'église. Il est donc vraisemblable que ce fidèle de l'empereur est mort. Louis le Pieux, restituant tous les biens qui lui avaient été cédés, les désigne sous le terme de bénéfice d'Hérembertus qui détermine parfaitement cet ensemble.

2. 20 févr. 840 : « Reddidimus ei (Aldric) et Lucdunum, etc.. et bénéficia quinque vasallorum nostroruin, id est Besthadighei.... » (p. 59).

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