RESTITUTIONS DE BIENS « DÉTRUITS
tutions se multiplient pour délivrer l'église de prétentions toujours renaissantes. Il en a été ainsi de Neuilly, propriété de l'église de Reims, de Saint-Servais, propriété de l'église de Trêves, de Saint-Epvre, propriété de l'église de Toul *. L'histoire de la villa de Tillenay, propriété de l'évêché d'Autun, montre encore combien est souvent précaire la jouissance rendue aux églises. Rentrés en possession du domaine en vertu d'une décision de Charles le Chauve, en 860, les évêques d'Autun avaient obtenu des diplômes de confirmation de Jean VIII, en 876, de Boson, en 879. Néanmoins la famille Robertinienne reste toujours en possession ou a ressaisi le bien, car, en 892, le roi Eudes restituait de nouveau à l'église la villa rendue solennellement par les préceptes de ses prédécesseurs 2. En 901, une terre dépendant du domaine est remise à l'église 3. La villa a dû être enlevée de nouveau aux évêques d'Autun, car elle leur est rendue, en 918, par un simple seigneur, qui la tenait peut-être de la libéralité du roiEudes,pour l'âme duquel la restitution est faite4.
Quand l'église recouvre son bien, elle ne le reçoit pas toujours, nonobstant la clause insérée dans les diplômes 5, en l'état où l'avait trouvé le bénéficier à son entrée en possession. Bien des domaines sans doute ont pâti de leur passage aux mains des milites royaux ; la terre n'a pas été cultivée ou elle a été soumise à une exploitation qui l'épuisait ; l'église de la villa, les bâtiments de ferme ont cessé d'être entretenus, le domaine a été, suivant l'expression courante, « détruit » par le bénéficier 6. Peut-être aussi la propriété est-elle parfois remise aux ayants-droit grevée de charges auxquelles le précédent occupant l'a indiscrètement soumise ; le miles du roi en a pu céder des parcelles en bénéfice. Quand une abbaye est effectivement restituée à un évêché, l'évêque doit sans doute souffrir que les bénéficiers établis par le détenteur de l'abbaye demeurent en possession leur vie durant 7.
On a constaté d'ailleurs que les préceptes royaux ne rendent souvent à l'église qu'un droit théorique, lui reconnaissent