LE ROI VIENT PRIER LES SAINTS
autre objet *. Le 10 juillet 854, Lothaire I est venu à Prùm pour y prier 2. En 8j8, Louis le Bègue, accablé par la maladie, s'est réfugié pour obtenir sa guérison près du tombeau de saint Martin 3. Suivant l'annaliste de Fulda, Arnoul se met en route, en 890, à seule fin de faire un pèlerinage à Reichenau et à Constance. En 893, avant le Carême, il parcourait la France occidentale, afin d'aller prier dans les monastères et les évêchés4. Charles le Simple est venu à Saint-Andoche, alors que, suivant sa coutume, il résidait à Autun pour prier en Carême dans les loca sanctorum 5.
La fête patronale du monastère attire spécialement le pèlerin royal auprès des religieux. Louis le Pieux s'est rendu, le 30 octobre 838, au monastère de Saint-Quentin, à la prière de son frère, l'abbé Hugues, pour célébrer la fête du saint 6. Charles le Chauve s'était proposé, au cours de l'automne de 845, d'être pour la Saint Martin (n novembre) auprès du tombeau du thaumaturge 7. En 870, il se rend à Saint-Denis pour assister aux solennités du 9 octobre 8.
Les premiers rois CaroMngiens n'étaient que des hôtes de passage et usaient avec discrétion de l'hospitalité monastique ou épiscopale 9. Charlemagne et Louis le Pieux célèbrent d'ordinaire dans leurs palais les grandes fêtes religieuses 10.
1. 29 déc. 851, HF, VIII, 519 ; 5 janv. 844, p. 452 ; 26 avril 862 : « orationis causa aut cujuslibet alterius negotii gratia » (p. 575).
2. Dipl. du 10 juill. 854, Beyer, U B mittelrh. Territ., 87, p. 92.
3. Le 24 juillet 878, résidant depuis plus d'un mois (dès le 20 juin, HF, IX, 404au monastère de Saint-Martin, il affranchit les chanoines de tout gîte, mcme « adventus nostri tempore, nisi pro tantae infirmitatis necessitate, secuti nunc egisse cognoscimur, ad beatissimum patrem Martinum confugium fecerimus, quod deinceps omnipotentis manus clementer avertat » (p. 405).
4. Ann. Fuld., 890, 893 : « monasteria, episcopatus causa orationis obibat » (SS, I, 407-408). En 897, il se rend semblabkmtnt à Fulda, « oraticnis gratia » (P- 413).
5. Dipl. sans date : « dum ex consuetudine loca sanctorum, quadragesimali tempore, causa orationis, Augustuduno résidentes, ventum est ad coenobium » (publié par Géraud, Bibl. Ec. châties, 1, 208, qui l'attribue à Charles le Chauve, cf. F. Lot, Le règne de Charles le Chauve, 190, n. 1).