PLAID ROYAL DANS -UN MONASTÈRE
monastère est, au cours d'un voyage, un simple lieu d'étape pour le roi et les siens 1, tantôt il y prolonge à dessein son séjour 2. Saint-Denis, dont Charles le Chauve a retenu l'abbaye à son usage, devient sa résidence presque chaque année pendant plusieurs mois. A Saint- Vaast d' Ai ras, placé aussi dans son indominicatum, il va passer la saison d'automne, afin de se livrer en un pays forestier au plaisir de la chasse 3. Pendant qu'il assiège Toulouse, il établit à Saint-Sernin son quartier général et y demeure du n mai 844 au 25 juin et peut-être jusqu'au commencement d'août 4.
Dans les monastères les rois ont des entrevues et tiennent des assemblées. En 845, Charles le Chauve reçoit au monastère de Fleury Pépin II d'Aquitaine, qui vient lui faire hommage 5. En 852, il a invité Lothaire I à venir le trouver à Saint- Quentin et l'y a traité magnifiquement6, sans doute aux frais de l'abbaye. En 853, il convoque au monastère de Saint- Médard un synode d'évêques. C'est aumonastèie d'Entrammes, qu'il a reçu, en 863, les serments du duc Salomon etde tous les grands de Bretagne. Un plaid est tenu, en 874, au monastère de Saint-Quentin. C'est dans un monastère, sans doute Saint-Lambert de Liège, que rendez-vous est donné, en 872,
en août 866 'B 1736) ; à Saint- Rémi, le 30 sept. 861 (B 1698) ; à Meung, le 11 sept. 859 .B 1683) ; à Saint-Maur des Fossés, le 5 févr. 868 (B 1747) ; à Saint-Martt., de Tours, les 23 févr. 848 iB 1600), 16 févr. 850 iB 1616), 6 nov. 851 (B 1629), etc. On constate le même fait de la part de ses successeurs. Le regeste des souverains lorrains et germaniques semble marquer qu'ils prennent moins souvent gîte dans les monastères.
1. Lupi ep., 28 : « Dominum autem regem eodem die, hoc est IIII Iduum Augustarum, ad sanctum Martinum venire nuntiaverunt, inde vero ejus transitum per urbem Aurelianensium » (VI, 33). L'auteur des miracles de sainte Reine rapporte que Pépin I d'Aquitaine, passant par Alésia, s'est fait donner l'hospitalité près de l'église de la sainte (7, SS, XV, 451). En 846, Charles le Chauve, se rendant d'Anjou vers la vallée de l'Oise, est, le 30 octobre, au monastère de Fleury (cf. F. Lot, 169, n. 3). En 847, entre deux séjours, l'un au palais de Servais, l'autre à celui de Compiègne, il date le 2 septembre du monastère de Saint-Quentin un diplôme en faveur de l'église de Reims (Flodoard, Hist., III, 4, p. 478 ; cf. F. Lot, 184^. En 874, il revient d'Héristal à Compiègne par le même monastère (Ann. Bertin., 126). En
875, il se rend en Italie, « per sancti Mauritii monasterium pergens » (p. 127) et en
876, « per monasterium sancti Mauritii rediens » (p. 128). Fuyant devant Louis II de Germanie, il vient au monastère de Saint-Lambert (p. 133). Louis le Bègue allant, en 879, de Troyes à Compiègne passe par le monastère de Jouarre (p. 147).
2. Dipl. du 5 janv. 844 : « quando quilibet rex ad limina beati Martini veaerit orandi gratia, moramque quamlibet ibi fecerit » (HF, VIII, 452).
3. Voir pour Saint-Denis plus haut, p. 390, n. 3. Il s'est réservé pour lui-même l'abbaye de Saint- Vaast, en 866 (Ann. Bertin., 84). En 867, il va passer le temps d'automne dans Yabbatia de Saint-Vaast et la villa d'Orville pour se livrer à la chasse dans les environs (p. 88). En 873, il revient chasser à Orville à l'automne et se rend pour les fêtes de Noël à Saint-Vaast (p. 125).