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LE ROI REÇU PAR LES ÉVÊQUES

par Charles à des chefs normands. La cérémonie du couronnement de Louis III et de Carloman s'est faite à Ferrières *. C'est peut-être en vertu d'une tradition léguée par les Carolingiens, que les premiers Capétiens tiendront leur cour dans des monastères 2.

Comme les établissements monastiques, les cités épiscopales reçoivent souvent la visite des rois. Charlemagne et Louis le Pieux ne font guère qu'y passer, soit qu'ils veulent prier dans les sanctuaires des villes, soit que leur itinéraire les oblige à y prendre gîte 3. A plusieurs reprises, Louis s'est trouvé lors des grandes solennités de l'année liturgique au siège d'un évêché, mais il ne paraît pas y être attiré par l'approche d'une fête 4. Ses successeurs, au contraire, célèbrent souvent ces solennités près d'une église épiscopale5. Charles le Chauve est venu à Reims pour assister à la dédicace de la cathédrale 6. Innombrables sont les diplômes que ce roi et les autres souverains du IXe siècle datent d'une cité 7, où d'ordinaire ils sont les hôtes de l'évêque.

Rarement en Francia le roi dispose dans les cités d'un pied à terre. A défaut d'un palatium royal en état de le recevoir 8, il

i Ami. Bertin, 42, 61, 125, 119, 150.

2. Le 15 janvier 1008, Robert II, qui possède dans le castellum de Saint-Denis une curtis, provenant sans doute de la mense abbatiale et retenue, semble- t-il, par les Capétiens quand ils ont résigné la charge d'abbé en faveur d'un régulier, veut bien « remittere ut solempnem curiara, hoc est (à Noël, Epiphanie, Pâques, Pentecôte), neque nos neque successores nos tri in ipso castello ulterius ullo modo presumamus celebrare » (Tardif, 249, p. 156-7).

3. Suivant le moine de Saint-Gall, Charlemagne ne prend gite dans les évéchés que quand son itinéraire l'y oblige : « Erat quoddam episcopium itineranti Karolo nimis obvium vel magis inevitabile...; venit ad quemdam episcopum in loco inevitabili constitutum » (I, 14 ; 15, SS, I, 736).

4. Louis arrive le 23 déc. 832 au Mans, où il réside huit jours ( Gesta Aldrici, 10). Les diplômes expliquent qu'il est passé au Mans « cum nos de Aquitania reverteremur » (8 janv. 833, p. 30 ; cf. Ami. Bertin., 5). A la fin de 834, il célèbre Noël à Metz près de son frère, Drogon, qui le reçoit « decentissime », entre deux séjours au palais de Thionville (Afin. Bertin., 835, p. 10, cf. Vita Hludow., 54, SS, II, 640) ; il y célèbre aussi les Pâques qui suivent, mais c'est la première étape d'un voyage vers Lyon (p. n). En 833, il passe le Carême à Worms et y célèbre Pâques et Pentecôte (p. 6) ; en 838, il fête Noël et l'Epiphanie à Mayence (p. 16).

5. En 841, Charles le Chauve célèbre Noël à Châlons (Ami. Bertin., 27) ; en 846, Noël probablement à Reims (cf. F. Lot, p. 170) ; en 848, Pâques sans doute à Limoges (op. cit., p. 191) ; en 850, Noël à Bourges (p. 207) ; en 862, Pâques au Mans (p. 62) ; en 863, Noël à Nevers (Ami. Bertin., 66), en 867 à Auxerre (p. 90), en 870, à Vienne (p. 115). En 842, Lothaire célèbre Pâques àTroyes (p. 27).

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