DIVISIO » DES ÉVÊCHÉS VACANTS
d'Orléans 1 ont sans doute pour objet des biens enlevés soit avant, soit après les synodes réformateurs de 744-5.
Pépin et Charlemagne disposent en tous temps des biens des évêchés, mais ils dépouillent surtout l'église épiscopale lorsqu'elle n'a pas d'évêque. C'est à cet effet sans doute qu'ils prolongent les vacances des sièges, attribuent l'administration de l'évêché à l'un de leurs fidèles, en retiennent le temporel dans leur dominicatum. Tombé ainsi en régale, l'évêché est soumis par eux à une divisio, ou du moins des bénéfices y sont taillés au profit de leurs fidèles. A Reims, les prédécesseurs de Louis le Pieux ont dépensé à leurs usages les biens de l'évêché retenu en leurs mains. C'est au temps où Charlemagne tenait dans son dominicatum les biens de cette église, qu'il a donné Neuillv en bénéfice à l'un de ses fidèles ; c'est alors aussi sans doute qu'il a soustrait les biens qui furent affectés par lui aux usages publics 2. A Mâcon, au temps où les missi de Pépin administrent l'évêché, le roi a distribué des biens de l'église en bénéfice et en a gardé d'autres pour lui-même 3. Après la mort de Gauziolène, évêque du Mans, Charlemagne aurait disposé du temporel de l'évêché, en renouvelant d'une part les concessions déjà faites aux hommes du prélat devenus les siens propres, en cédant d'autre part des bénéfices nouveaux à ses autres vassaux 4.
Comme on ne prend plus soin de déterminer une part intangible qui restera affectée aux usages de l'église et que sans cesse le roi puise dans son temporel, il n'est pas rare qu'elle soit réduite à un véritable dénûment. Au temps de Charlemagne et de l'évêque Gauziolène, l'égiise mère du Mans, raconte l'historien manceau, était chaque jour détruite, de telle sorte que les clercs et les pauvres mouraient de faim ; l'église était sans luminaire et tout mobilier précieux lui faisait défaut 5. Le successeur donné par Charlemagne à Gauziolène se serait retiré parce que son église ne lui procu-