NATURE, IMPORTANCE DES DONS
Charles le Chauve qu'un petit livre, alors que les présents expédiés par d'autres consistent en or, argent, vaisselle, meubles de toutes sortes, vêtements, harnais de chevaux et ce que chacun a de mieux dans ses écuries 1. Une lettre d'Hincmar est relative aux sommes d'argent que l'archevêque envoyait au roi, au temps où celui-ci, pour le service de Dieu, séjournait en la terre dévastée par les païens et qui sans doute ne pouvait le nourrir2. Les dons consistent, le plus souvent, soit en numéraire, soit en chevaux marqués au nom du donateur 3, soit en armes.
Au temps de Pépin, les moines, tenus déjà d'envoyer des présents, offraient ce qu'ils voulaient 4 ; ils pouvaient à leur jugement proportionner leur contribution à leurs ressources. Plus tard, la royauté fait connaître ses besoins et ses exigences. Loup de Ferrières a expédié les dons qui étaient dus et que le chancelier Louis lui avait désignés au nom du roi. Le correspondant de l'abbé est prié de faire en sorte que le souverain réserve bon accueil au choix que le prélat a fait des articles demandés 5. Dans une autre occasion, alors qu'il a pris les devants et envoyé spontanément des secours, l'insistance avec laquelle il fait valoir qu'il s'est entièrement dépouillé montre bien qu'il redoute encore quelque réquisition nouvelle 6. Frothaire, évêque de Toul, a été obligé de faire figurer parmi les dons envoyés au palais tous les meilleurs chevaux dont il disposait7.
En devenant périodiques, annuels, les dons constituent une
i. Plus haut, p. 412, n. 2.
2. Flodoard, Hist., III, 26 : « pro muneribus argenti quod régi moranti ad Dei servitium in terra per paganos déserta mittebat » (SS; XIII, 545).
3. Cap., 801-814, 5 : « Ut quicumque in dona regia caballos praesentaverit, in unumquemque suum nomen scriptum habeat » (I, 144). On verra plus loin que de Saint-Julien de Brioude, de Rheinau et aussi de Saint-Gall, « comme des autres monastères », on réclame un ou deux chevaux ; de l'église de Trêves, six ; que l'évêque de Toul, Frothaire, a envoyé les meilleurs de ses écuries. Le testament d'Aldric du Mans (éd. Charles, 102) montre qu'il a fait élever dans les domaines de son église de nombreux chevaux, en partie sans doute afin de pouvoir fournir au recrutement de la cavalerie royale. La charte interpolée d'Aldric de Sens impose aux moines de Saint-Remy pour les dons annuels une contribution d'un cheval, d'un bouclier et d'une lance (p. 414, n. 2).