CHARGES PALATINES DES CLERCS
confiait sa cause au saint abbé, qui la portait devant l'empereur l. A plusieurs reprises, son historien le montre au palais ou au plaid réclamant de l'empereur justice ou faveur pour les monastères réformés par lui 2. Louis, qui ne peut se passer de ses conseils, a fondé à deux milles seulement du palais d'Aix le monastère d'Inden où réside Benoît, afin de pouvoir lui donner plus fréquente audience3. Le faussaire qui, au Xe siècle, fait dire à Charles le Chauve que tout prélat doit le servir au palais, réserve les exigences de la règle, que les abbés de Montiérender ne devront jamais méconnaître4. Des prélats remplissent parfois au palais certaines fonctions qui les y retiennent à peu près à demeure. Maintes charges palatines peuvent être occupées par des clercs, comme par dès laïques. Aux premiers sont réservées non seulement les fonctions de chapelains5, mais celles qui exigent une culture spéciale de l'esprit ; les secrétaires qui rédigent les lettres privées du roi 6, les notaires de sa chancellerie 7, le bibliothécaire du palais 8 paraissent avoir été exclusivement des clercs et parfois à ces fonctions, qui ont pris un caractère clérical, ils joignent des soins très séculiers 9. Jonas d'Orléans ne
i. Vila, 35, Si', XV, 215.
2. 29, p. 2ir ; 36, p. 215 ; 39, p. 217 ; 40, p. 218. Cf. notre article, Les ordonnances mon. de Louis le Pieux dans R. d'hist. deV 'Égl. de 'France, 1920, p. 165, 323.