MONASTÈRES RUINÉS PAR LES SÉCULARISATIONS
temps anciens par les monastères de Saint-Remi de Reims, Saint-Martin d'Autun, Stavelot, Saint-Maximin de Trêves,. Saint-Arnoul de Metz l, qui peuvent se rapporter aux sécularisations de Pépin et de Charlemagne, comme à celles de l'époque antérieure.
Il semble que la divisio faite alors ait ruiné à ce point d'importantes et riches basiliques, qu'elles ont cessé d'être tenues pour un établissement ecclésiastique ou qu'elles sont descendues au rang d'une simple église rurale, desservie par un prêtre. Saint-Julien de Brioude n'existait plus comme propriétaire ecclésiastique, quand sous Louis le Pieux, le comte qui tenait en bénéfice du roi les biens jadis possédés par le saint auvergnat, rétablit près de l'église une communauté 2. Peut-être en était-il de même de Saint-Maixent
solentia (insouciance) rectorum et qu une seule restitution, faite par son père et confirmée par lui. La soustraction qu'explique l'incurie des recteurs, ne peut dater de l'époque d'Adaléodus, puisque le diplôme de 840 est accordé à la prière de ce même personnage, que Lothaire n'aurait pas ainsi stigmatisé. Or c'était déjà Adaléodu qui, en 822, cédait Barisis à la mense des moines. L'aliénation que Lothaire attribue à Vinsolentia des recteurs, est donc antérieure à son abbatiat et à la date de 822. Comment en outre admettre que Louis qui déclare renoncer à toute divisio (cf. plus loinchap.VII,§ i)et qui, en 822, faisait attribuer par sonwmsMsAldric et par l'abbé Adaléodus la cc//a de Barisis à la communauté,l'ait par deux fois enlevée aux moines. Les difficultés disparaissent et on comprend parfaitement l'exposé du diplôme de Lothaire, si on admet l'interprétation suivante. Donnée par Chilpéric, la villa est enlevée, «prop ter insolentiam rectorum», sous les premiers Carolingiens et cédée dès lors en bénéfice. Ces bénéficiers, dont le dernier est Léon .fidèle de Louis le Pieux, ont souscrit des précaires et payent les nones et dîmes. En 822, lors de la constitution del a mense, les droits du monastère sur cette cella furent attribués à la communauté qui, en attendant la restitution effective, se contenta des dîmes et nones. En 831, la cella était encore aux mains d'un bénéficier, qui mourut sans doute peu de temps après. Louis le Pieux remit alors les moines en possession et leur délivra un diplôme de restitution. Lothaire le confirma au temps (juill. 834-févr. 835) où il tenait son père prisonnier et où il confirmait en faveur des églises d'Hornbach et de Marseille (BM 1039-1043) les diplômes paternels qui lui étaient présentés. La formule qu'il emploie en 840 peut aussi s'interpréter au sens que Lothaire a confirmé le diplôme paternel présenté par les intéressés. En oct. 840, devenu maître du pays, il renouvelle cette confirmation.
1. Le 14 février 917, Charles le Simple rend à Saint-Remi « res quae... jamdudum regali ditione fuerunt inique sublatae » {HF, ix, 531) En 908, il restitue « res quasdam sancti Martini Eduensis cœnobii dudum ab eodem loco quadam depravatione subtractas » (Bulliot, Essai sur Saint-Martin d'Autun, pièces justif., 8, II, 20). Le 27 août 973, Otton II rend à Saint-Maximin de Trêves « quasdam proprietates... multis rétro temporibus injuste beneficiarias » (DD regum Germ., 57, II, 67). Le 3 mars 975, il restitue un bien « ad abbatiam Stabulaus jure proprium sed a quibusdam in benefitia distributum et ita ab eadem aecclesia multo jam tempore subtractum » (97, p. ni). Après la mort d'Adalbéron I, évéquede Metz, les moines de Saint- Arnoul ont prié l'archevêque Brunon, administrateur de l'évêché, de leurrendre la villa de Vigy « quae jurisquidem monasterii fuerat.sed longo jam rétro tempore in beneficio secularium cesserat » [Gall. Christ., xm, Instr., coi. 392).
2. Dipl. de Louis le Pieux, 4 juin 825, H F, vi,547. La destruction de l'église est d'ailleurs mise au compte des Sarrasins ; mais s'ils ont ruiné les constructions, la dilapidation de l'avoir foncier de la basilique ne leur est pas imputable.