‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 923 sur 1164 · MISSIONS DIPLOMATIQUES DES PRÉLATS · texte numérisé non relu

MISSIONS DIPLOMATIQUES DES PRÉLATS

Évêques et abbés sont chargés fréquemment de missions diplomatiques. Ils se rendent en ambassade à Rome \ auprès des rois anglo-saxons 2, à la cour des empereurs grecs 3. Après le partage de l'empire carolingien, ils vont défendre près d'un roi rival les intérêts de leur maître 4.

i .Burchard, évêque de VVorias, et Fulrad, abbé de Saint-Denis, vont de la part de Pépin consulter Zacharie {Ann. Lauriss., 749, S.S, I, 136) ; Chrodegang, évêque de Metz, accompagne Etienne II en France, Lib. Pont., VitaSteph. , 18, éd. Duchesne, 1, 445 ; Paul Diacre, Gesta episc. Mett., SS, II, 268) ; Fulrad le reçoit à Saint-Maurice (VitaSteph., 24, p. 447). L'abbé Fardulfus est missus deCharlemagneprèsdeLéonlII (J W 2496) ; Wirundus, abbé de Stavelot, remplit une mission près du pape avec'le duc de Spolète, le 25 avril 799 (Ann. Lauriss., SS, I, 184). Se rendant auprès du roi, le pontife rencontre ses deux envoyés, Hildivaldus, archevêque de Cologne, et un Comté {VitaLèonis, 16, II, 6). Il est ramené à Rome par les missi du roi, cinq évêques et trois comtes (20, p. 6). En S08, le pape écrit à l'empereur «de Jesse episcopo (Amiens) ad missaticum per patrias deportandum non idoneo » (J W 2516. En 809, arrivent à Rome en qualité de missi l'évêque de Worras, Bernarius, et Adalhard, abbé de Corbie (Ann. Fuld., SS, I, 354). Deux évêques et un comte sont envoyés par Loui« le Pieux à Grégoire IV ( Vita s.Anskarii, 13, SS, II, 699) ; l'abbé Adalingus est député à Pascal, en 823 (Thegan, 30, SS, II, 597). En 844, Lothaire envoie à Rome son fils Louis avec l'évêque de Metz, Drogon (-4»». Bcrtin., 844, p. 30). Lothaire I fait porter un message à Léon IV par les évêques d'Arezzo et de Spolète (Flodoard, Hist., III, 10, SS, XIII, 483). En 866, Egilon de Sens est envoyé par Charles le Chauve à Nicolas I, Adon de Vienne par Lothaire II (Ann. Berlin., 82, 83). Robert du Mans (864, p. 71), Actard de Nantes '867, p. 88 ; 871, p. 117) sont envoyés à Rome parle roi et par les évêques. Loup de Ferrières se rend à Rome, peut-être pour son compte personnel (Ep. 68, p. 66). L'abbé Anségise et un laïque sont envoyés par Charles, en 870 (Ann. Bcrtin., 114Ï. En 876, il députe à Rome les évêques de Sens et d'Autun (p. 131). En 878, plusieurs évêques vont de la part de Louis le Bègue au devant de Jean VIII (p. 141).

2. L'abbé de Saint-Waudrille, Géroldus, est envoyé en ambassade sous CharUmagne près du roi de Mercie, Olfa (Gesta abb. Fontan., 16, SS, II, 291).

3. Charlemagne envoie à Constantinople, en 802, Jessé, évêque d'Amiens(.4/i/;. Lauriss., SS, I, 190), en 811, Heiton de Bâle (p. 198), l'année suivante, Amalaire, évêque de Trêves, et Pierre, abbé de Nonantule (Vita Hludmo., 23, SS, II, 619). L'ambassade accomplie à Constantinople parle chapelain de Charlemagne, WitboL, dus, neveu de l'abbé de Saint-VVandrille, à qui était promis l'héritage de son oncleentraîna pour lui la perte de l'abbaye devenue vacante au cours de sa mission ; Saint-Serge d'Angers lui fut attribué en compensation (Gesta abb. Fontan., 16, S.S, II, 291). Louis le Pieux envoie à Constantinople Nortbert, évêque de Riez (Vita Hludow.,23,p. 6r9),et plus tard Halitgaire, évêque de Cambrai, et Ansfrid. abbé de Nonantule (42, p. 631). Ebbon, qui avait rempli de la part de Lothaire « diversas legationes in diversas partes », reçut ordre de se rendre en Grèce et, sur son refus de partir, perdit les abbayes que l'empereur lui avait attribuées en Italie (Épître du syn. de Troyes, Mansi, XV, 793-4).

4. Louis le Germanique envoie ses legati, Gozbald, abbé d'Altaich, et le comte du palais, Morhard, inviter son frère Lothaire à traiter plus dignement leur père (Thegan,-45, SS, II, 600) ; puis expédie l'abbé de Wissembourg et un duc (47). En 841, Charles le Chauve charge Iinmon, évêque de Noyon, d'une mission près de Lothaire (Xithard, III, 3, p. 664). Une lettre d'Hincmar rendait compte à Charles le Chauve du missaticum qu'il avait rempli près des deux frères du roi, « pro pacto pacis inter eosdem très fratres componendo » (Flodoard, Hist., III, 18, SS, XIII, 509). En 86i, Charles le Chauve reçoit de la part de Louis le Germanique et de Lothaire; II un missaticum apporté par Advence, évêque de Metz, et un comte [Ann, Bcrtin., 56). En 865, Charles et Louis envoient à Lothaire II un missaticum par l'intermédiaire des évêques d'Hildesheim et de Châlons (p. 74). En 870, Charles envoie ."> Louis Eudes, évêque de Beauvais, et deux comtes (p. 109). En 871, l'abbé Gauzliu

« MISSl » ECCLÉSIASTIQUES 443

Dès le temps de Pépin et sitôt qu" apparaissent les missi Jominici, ceux-ci sont choisis parfois parmi les ecclésiastiques i. Après son couronnement, l'empereur Charlemagne, pour redresser les torts, envoie partout des hommes prudents et sages, archevêques, évêques, abbés, laïques, religieux 2. En 802, dans les missatica qu'il établit, le missus laïque est accompagné d'un missus ecclésiastique 3. Dès lors, parmi les envoyés qui ont la charge d'inspecter un district déterminé figure ordinairement soit l'archevêque de la province ou l'un de ses suffragants, soit un abbé à côté d'un ou de plusieurs laïques ; quelquefois aussi l'ecclésiastique est seul 4.

En dehors de ces inspections générales, les abbés et les évêques exécutent, d'ordinaire en compagnie d'envoyés laïques, quelque commission particulière ; ils vont procéder sur place à une enquête, apaiser une sédition 5. La legatio prend ainsi quelquefois un caractère religieux ou mixte ; le prélat sert à la fois Dieu et le prince 6. Il est chargé, par exemple, de terminer un litige qui met aux prises des gens d'église 7, d'aller débattre auprès du pape les intérêts de son maître et des églises du royaume 8, de réformer des monastères 9, d'y rétablir la paix 10, d'instituer une mense en faveur

et un comte vont trouver Carloman, fils de Charles le Chauve, de la part de son père

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