‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 933 sur 1164 · DÉPENS OCCASIONNÉS PAR LE « SERV1TIUM · texte numérisé non relu

DÉPENS OCCASIONNÉS PAR LE « SERV1TIUM

au palais, au plaid, à un synode, à l'armée, auprès du souverain étranger à qui il est député, en tout lieu du royaume où une charge lui est confiée, à travers le missaticum qu'il doit inspecter. Hincmar de Laon déclare qu'il est si souvent obligé de se mettre en route pour le service royal, qu'il ne saurait suffire aux dépens, si le roi ne lui laisse l'entière et libre disposition du temporel de son évêché \ Il faut, en effet, que l'abbaye, l'évêché fournisse au prélat argent, montures, provisions. Loup de Ferrières, qui part pour Meersen où s'assemblent les rois, écrit à un ami qu'il ne dispose d'aucun numéraire pour un tel voyage 2. Il a dû s'adresser à une dame, probablement quelque abbesse, pour en obtenir du secours. Au cours d'une mission en Bourgogne, il a perdu dix montures 3. Les pénibles voyages, dont Fiothaire de Toul subit ou subira bientôt le dommage, usent les meilleurs chevaux de ses écuries 4. Aldric du Mans mentionne dans son testament des chevaux, mulets et ânes, élevés dans les domaines de son église et sans lesquels, dit-il, il ne pourrait remplir le servitium royal 5.

En quittant sa cité épiscopale ou son monastère, le prélat s'approvisionne, aux frais de son église, de tout ce dont il aura besoin au cours de son voyage. Loup de Ferrières, convoqué à un plaid qui doit se tenir à Roucy sur l'Aisne, s'informe si le navire qui portera vivres et bagages peut descendre la Seine sans crainte des pirates et gagner Creil en remontant l'Oise 6. Quand les évêques, écrit Hincmar de Reims, reçoivent de leur souverain l'ordre de se mettre en route pour une lointaine destination, ils doivent charger chariots et bêtes de somme de toutes les provisions nécessaires pour eux et leurs gens, employer au service de l'État non seulement leurs ressources personnelles, mais les offrandes des fidèles dont est composée la dotation de leur église 7.

i. Lettre à Hincmar de Reims : « nisi mihi licuerit ordinare qualiter vivere possim, unde itinera tam crebra peragere valeam, non possum illi (le roi) temporale reddere servitium »(Migne, CXXIV, 1029).

2. Ep. 50 : « Pecunia nobis jam nulla est quae tanto spatio vix potuit sumcere » (P- 55).

3. Ep. 32 : « Superiore anno, missus in Burgundiam decem equos amisi » (p. 40).

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