‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 940 sur 1164 · OBLIGATION DES DÉTENTEURS D'HONNEURS ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

OBLIGATION DES DÉTENTEURS D'HONNEURS ECCLÉSIASTIQUES

A la vérité, Pépin et Carloman avaient remis en vigueur la règle ecclésiastique qui interdit aux clercs et aux moines de porter les armes et de verser le sang. Carloman décidait que les clercs et les évêques ne paraîtraient plus à l'armée qu'en très petit nombre et exclusivement pour remplir leur office spirituel. Au synode de Soissons, Pépin établissait une distinction entre les abbés séculiers et les réguliers : les abbés « légitimes » sont dispensés de se rendre personnellement à l'ost et se contenteront d'envoyer leurs hommes. Charlemagne, au début de son règne, renouvelait les prescriptions du concile germanique qui écartent de l'armée évêques et prêtres, à l'exception de ceux dont est requis le ministère \.

De ces règlements réformateurs et de la législation canonique qui les a fait édicter, la trace restera toujours perceptible au cours de l'époque carolingienne ; mais d'autre part, la discipline ecclésiastique est combattue par les exigences de la fidélité, elle fléchit devant les obligations contractées par les détenteurs des honores regni.

Des clercs et des moines comme tels le roi ne réclame pas qu'ils prennent les armes. Alors que tous les hommes libres doivent partir pour l'ost, la convocation royale n'atteint jamais ni les prêtres des paroisses, ni les moines ou chanoines et leurs officiers capitulaires ou monastiques 2. Mais ceux qui ont été revêtus par le bienfait du roi des honores ecclesiarum, qui ont reçu de lui un évêché, une abbaye, qu'ils soient laïques, clercs séculiers, religieux de stricte observance, simples tonsurés, prêtres ou pontifes, ne peuvent se dérober au servitium.

Les évêques et les abbés sont convoqués d'ordinaire à l'ost en même temps que les autres fidèles. Un capitulaire attribué à Charlemagne stipule que les missi royaux devront se diriger vers le rendez-vous avec les évêques, abbés, comtes, vassaux du roi et tous ceux qui doivent figurer dans leur scara 3. En 817, Frothaire, évêque de Toul, a reçu de l'archevêque de Trêves, Hetti, chargé de convoquer la milice dans toute sa legatio, ordre de transmettre le « terrible commandement » de l'empereur à tous les abbés, abbesses, comtes, vassi royaux, à tous ceux qui dans son diocèse doivent le service de la milice. Ils se mettront en route pour l'Italie au premier signal. Vrai-

1. Karlm. cap., 2, Cap., I, 25 ; Suess., 3, p. 29 ; Karoli magni cap. primum, 1, P-45-

2. Le pouvoir royal cherche plutôt à réagir contre les mœurs belliqueuses des clercs. Le biographe de Louis le Pieux note qu'en Aquitaine, avant que le jeune prince n'en devint roi, le clergé s'adonnait davantage aux chevauchées, aux exercices militaires qu'au ministère sacré (19, SS, I, 616).

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