‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 976 sur 1164 · LE CHEF DE L'ÉGLISE PEUT DISPENSER DU SERVICE · texte numérisé non relu

LE CHEF DE L'ÉGLISE PEUT DISPENSER DU SERVICE

ou du moins leur évêque ou leur abbé est libre en fait de ne pas les envoyer à l'armée. Il était facile aux prélats de soustraire aux exigences du service royal un certain nombre de leurs hommes. La loyauté, le dévouement des fidèles auxquels le souverain avait attribué l'évêché, l'abbaye, était pour lui lé meilleur, peut être 'e seul garant que les obligations du grand propriétaire immuniste qu'est l'église seraient exactement remplies.

Des hommes vivant sur les terres de l'église, nul ne partait, en effet, s'il n'en était requis par le prélat. L'ingérence des comtes dans la levée de la milice s'arrêtait aux frontières de l'immunité des églises. Seuls, les missi royaux avaient qualité pour contrôler si les abbés et évêques enrôlaient tous leurs hommes. L'insistance avec laquelle le roi presse ses envoyés d'y veiller et de percevoir les amendes en cas de délit, témoigne sans doute de maintes négligences et fraudes. Au temps de Charlemagne, de pauvres gens se plaignaient d'être dépouillés à l'occasion du service de l'ost aussi bien par les évêques, les abbés ou leurs avoués que par les comtes et centeniers. Celui qui refuse d'abandonner son bien à l'évêque, à l'abbé, au comte est, dit-on, obligé sans cesse de partir pour l'armée ; ceux qui ont fait tradition de leur propriété restent tranquilles chez eux. Évêques, abbé?, abbesses, comtes dispensent les hommes libres qui remplissent Tes ministériel de leur maison. Ils contraignent à l'ost les plus' pauvres et renvoyent à leur foyer ceux qui possèdent de quoi les satisfaire 1. Lothaire I se croit obligé d'enfreindre l'immunité des églises pour contraindre au service des hommes libres qui leur ont cédé leur pro priété afin d'échapper à la loi2. Un certain Wmebert avait abandonné son patrimoine aux moines de Saint-Arnoul de Metz, du vivant de l'archevêque Drogon, en stipulant exprès sèment que lui et ses enfants seraient exempts de toute expédition militaire3. A la vérité, Lothaire II consentit à confirmer aux moines la possession du bien, en dispensant ce personnage et toute sa postérité de servir à l'armée 4. Mais, même si

i . Cap. de rébus exerc, De causis propter quas hommes exercitalem ohœdientiam dimittere soient, 2-5, p. 165 ; cf. plus haut, p. 478, n. 2 à 4.

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