NOTRE-DAME DE BONSECOURS DE MONTEBELLO
La seigneurie de la Petite-Nation fgrme actuellement trois paroisses : Montebello, Saint-Andre-Avellin et Papineauville. Comme ces deux dernieres ne sont que deux demembrements de Montebello, c est par l’histoire de celle-ci qu’il convient de commencer.
L ’antique et venerable mission de Notre-Dame de Bonsecours de la Petite-Nation a toujours ete consideree comme un poste de devouement et de sacrifice, bien qu’en 1851 la population s’y hlevdt k 2,835 ames.
Le Rbv. J. Sterkendries, dont le premier acte comme cure de Bonsecours date du 2 octobre 1841, n’a pas laisse derriere lui la renomme d’un grand administrateur. C’etait un homme pieux mais d’un caractere bizarre et fantasque, caractere qui lui venait sans doute du mal dont il souffrait (l’epilepsie). On ne lui doit
gufere, en fait d’ceuvres, que Erection de la confine du scapula.re (23 janvier 1842). D’un autre c6t6, les gens de Bonsecours etaient pauvres et turbulents comme tons les voyageurs de 1 epoque. Faut-il l’attribuer k leur mauvaise volontd ou simplement au manque de savoir faire de M. Sterkendries ? Nous l’ignorons, mais il est avere que celui-ci mourait presque de faim et de froid dans son miserable presbyt&re.
Or, sur ces entrefaites, le mouvement de colonisation s’etant accentud dans l’interieur de la seigneurie, les nouveaux fermiers de la paroisse actuelle de Saint-Andrd-Avellin constrmsirent une petite chapelle que M. Sterkendries vint bdnir le 10 novembre 1849. Non contents de ce premier succfes, nos ruses comperes qui connaissaient les ennuis et les miseres du curd de Montebello, le sollicitdrent instamment de venir s’installer avec eux, lui promettant pour le seduire monts et merveilles. Le trop credule M. Sterkendries ajouta foi k leurs alldchantes propositions et le jour de Noel suivant, apres avoir cdlebrd les saints mysteres dans la chapelle de Bonsecours, il secoua la poussiere de ses pieds, quitta cette paroisse inhospitable et partit pour Saint-Andre- Avellin, grave determination dont il eut bientot k se repentir.
Le depart de leur cure dut porter un coup sensible k l’amourpropre des paroissiens de Montebello, d’autant plus quhls perdirent en meme temps leur titre de mdtropole de la seigneurie pour se trouver reduits au role insignifiant de mission.
Mgr. Guigues, en effet, soit qu’il n’eut pas de pretres h. leur donner, soit qu’il voulM les punir de leur conduite envers M. Sterkendries, les fit desservir de Saint-Andre pendant un an puis les confia aux soins du Pfere M. Bourassa, oblat, qui etait k la tete de la mission de l’Orignal (6 janvier 1851).
Le P&re Bourassa fut done chargd k la fois de l’Orignal et de Saint-Eug&ne, de Grenville et de Montebello. Toutefois, tandis que ses assistants allaient Grenville, il s’occupait d une faqon toute speciale de Montebello, prdludant ainsi au fructueux ministfere qu’il devait y exercer plus tard.
D’ailleurs, un autre dv&nement importait allait encore modifier l’6tat des choses.
A cmq milles ouest de Montebello, sur le bord de l’Ottawa, commenqait alors k grandir un joli village qui fut appeld Papineauville, du nom des proprietaires de la seigneurie. Dds lors, les gens de cette partie de la mission, enflammds par l’exemple de ceux de Samt-Andre, commencirent une agitation dans le but de s’eriger en paroisse separee.
Le 1 8 janvier 1851, ils envoyhrent k Mgr. Guigues une requete, dont voici le sens : “La paroisse de Bonsecours grandit rapidement, et voili que la chapelle est devenue trop petite. Permettez done aux habitants de Papineauville de se sdparer et accordez-leur trois ans pour se batir. Alors Montebello n’aura plus besoin de construire une autre eglise. De simples reparations suffiront.”
Cette demande entrait trop dans les vues de l’dveque de Bytown pour qu’il ne s’empressat plus d’y acquiescer ; il se hata de leur faire une reponse favorable.
Lorsque les citoyens de Montebello apprirent la grande nouvelle, ils eclatdrent en cris d’indignation. Ce n’dtait pas assez de leur a\ oir enlevd Saint-Andrd, on voulajt leur oter maintenant Papineauville. Avait-on pour but de les red u ire k la misere, de les priver definitivement de pretre, et de les tenir k jamais dans 1’etat de mission ? Leurs plaintes, de fait, n’dtaient point sans fondement, puisque nous voyons la population de cette paroisse, qui, en 1851, s elevait k 2,835 ames, tomber, au recensement de 1861, au chiffre de 969 ames, seulement.
Mgr. Guigues, avec son grand tact et sa finesse habituelle, parvint cependant k les calmer: “ Ne craignez rien, leur ^crit-il, dans un mandement sur ce sujet ; Bonsecours n’aura aucun motif de se plaindre ; e’est l’eglise-rmbre ; elle ne sera point delaiss^e ; le curd lui sera rendu.”
Consoles par le langage paternel de leur eveque, et par 1 espoir de possdder bientot, de nouveau, un pretre rdsidant, les gens de Montebello se mirent done rdsolument k la double ceuvre qui s’imposait : le presbytdre et Pdglise. Au fond, il s’agissait moins d’une reparation que d’une reconstruction. L’ancienne chapelle, petite et miserable, devint, grace au zdle intelligent du
Fire Bourassa, une des plus belles dglises du d.ocise, et mdr ta d’etre de nouveau Wnite, 9 Kvrler ,854. Mgr ^
assist i, pour cette c4rimonie, d’un nombreux dergd Dans l’acte qui nous a itk conser vd nous relevons les noms des Revd rends M. M. Poulin, de la paroisse de Samt-Hermas, Huot, de Sainte-Anne du bout de Pile ; Bruneau, de Vercheres ; C'wlan de Beauharnois ; Bourassa, Maloney, Dav.d de 1 Ongna e tenfin de M. Arthur Mignault, curd de Bonsecours. Parm, les la.ques presents, on remarquait l'hon. Louis-Joseph Papmeau, se.gneur du lieu, son parent Benjamin Papineau, et le nota.re Mackay,
Papineauville.
Le presbytfere subit les memes transformations, et fut mis en excellent etat.
Comme nous venons de le voir, le Pere Bourassa, sa tache achev^e, avait ddchargd de Montebello. Mgr. Guigues,
voulant rdcompenser la paroisse de sa soumission et des sacrifices qu’elle s’dtait impos6s, venait de nommer un jeune pretre, Arthur Mignault, cur6 resident de Bonsecours et de Papineauville,
i4janvier 1854.
Ce jeune pretre, d’ailleurs, n’occupa point longtemps le poste qu’on venait de cr^er pour lui. Sa conduite dtant devenue l’objet de malign es interpretations, de la part de certaines personnes, 1 demanda son changement, et partit pour Grenville (aofit 1856 ) Depuis le mois de mai precedent il avait un vicaire, M. Ebrar , pretre franpais. Le successeur de M. Mignault fut M. David, cure de Saint- Andr6-Avellin, 18 aout 1856. M. David admimstra simultanement Montebello, Papineauville, et Saint-Andr6, jusqu au commencement de l’ann6e suivante. En jamier 1857, le \icaire, M. Ebrard, devint curfi de Saint-AndnL A la fin de cette memc annee, monseigneur voyant la prosp£rit6 toujours croissante de Papineauville, crut le temps venu de lui donner un pretre r6sidant. M. David y fut nomme et s’y installa, k la grande joie des habitants. Quant k Montebello, l’dveque d’Ottawa pensa ne pouvoir mieux faire que d’y envoyer celui qui dtait l’objet de touter les regrets, le REv. P. M. Bourassa.
Quoique le premier acte sign6 du P&re Bourassa porte la d ate du 15 mai 1858, nous savons qu’il commenpa k faire les
annonces d<bs le 30 octobre 1857. D’octobre 1857 k octobre 1887, fipoque de sa retraite, il faut done lui compter trente anndes r^volues de minist&re k Montebello. Avec l’arriv^e du P£re Bourassa s’ouvrit une £re de prosp^rite spirituelle et matdrielle pour cette belle paroisse. Son fnke, artiste distingu6, ^pousa une fille du grand Papineau, laquelle transmit 4 ses entants les vertus de cet homme celfebre, laissant k d’autres un moins glorieux heritage.
Nous possddons un peu de notes sur Montebello jusqu’en 1S61. Le 15 avril 1856, M. J. L. Papineau, dont la famille avait donn£ jadis le terrain paroissial, demanda et obtint de faire un echange de quelques arpents qui dtaient k sa convenance, et pour nkompenser la fabrique il se chargea de bdtir la maison du bedeau et le charnier oil Ton depose les corps des morts pendant la rude saison de l’hiver.*
Pendant sa visite de juillet 1857, Mgr. Guigues fit quelques injonctions. La terre manquait au cimetitbre, il fallait l’exhausser. On fit mieux, on le changea de place en 1861. Les servitudes du presbytere etaient devenues la proie des flammes, il fallait en batir de nouvelles et creuser en meme temps un puits. Montebello comptait alors 120 families. Tout allait bien, les colons commen- ?aient a se placer sur les cotes ou concessions, les gens Etaient las de partager les services du pretre avec Papineauville et voulaient se r^server tous pour eux. Le temps ^tait venu de diviser absolument les deux paroisses. C’est ce qui eut lieu en effet quelques mois plus tard.
La note de juin 1859 est encore plus br&ve et plus satisfaite. Montebello est une paroisse encore pauvre, mais le pretre est z6l6 et tout va bien.
Enfin, pendant l’dtd de 1861, monseigneur constate que grdee ii la gdndrositd de M. Papineau, un nouveau et beau cimeti&re a
* “Je souhaite, ecrivait le 29 mars 1851, M. Papineau 4l’&veque d’Ottawa, commencer un village pnbs de l’^glise de Notre-Dame de Bonsecours, et je desire le distribuer r^guli^rement en rues larges et ornees d’arbres en front de 1’^glise, au bas de la cote et de la place publique et sur un terrain ind^pendant. Je vais faire un march^ avec la fabrique. En ^change d'un terrain qui ne lui sert pas, je vais lui en donner un autre sur lequel je bitirais la maison du bedeau et un charnier.”
M divert et que la paroisse est 4 tous les points de vue excellente.
SAINT-ANDRk-AVELLIN.
Les premiers colons de Sairtt-AndnCAvellin s’fitablirent en i84S dans la c6te Saint-Joseph. C'dtaient Hyacinthe Laplante,
I -B L6ger, Augustin Birabin dit Saint-Denys, Hubert Sabourm,
J. Racine, J.-B. Lepage, Elzdar, Joseph et Prosper Frappier. Les cotes Saint-Louis, Saint-Andr6, Saint-Denys, Sainte-Julie et les Quatorze s’^tablirent 4 partir de 1841 ; la cote Saint-Pierre fut ouverte en 1852 et celle de Sainte-Madeleine vers 1872.
Le curfi de Bonsecours venait de temps en temps dire la messe k Saint-Andre, mais on devait, pour les baptemes, manages et sepultures, se rendre k l’dglise paroissiale. La premiere fut benite par M. Sterkendries, le 10 novembre 1849, et, k partir de cette 6poque, jusqu’en 1865, date de la nomination de M. Boucher k la cure de Ripon elle resta le centre religieux de tous les £tablissements de l’interieur.
Cette chapelle dtait situde en haut de la rue Saint-Andre, sur la propria d’un M. Francois Bourgeois, qui donna deux arpents
de terrain.
Nous avons racont^ plus haut comment les gens de Saint- Andr6 persuaderent 4 M. Sterkendries de venir s’etablir parmi
eux.
Ce fut le jour de Noel 1849 que le bon missionnaire fit ce pas ddsisif et abandonna ses ouailles indociles.
Non contents de ce premier succ&s qui pouvait n etre point ddfinitif, les habitants de la mission se haterent d’envoyer au Ptire Allard, administrateur du diocese en l’absence de Mgr. Guigues, (3 juin 1850) une requete k l’effet d'obtenir leur separation de Bonsecours et leur Erection canoniques en paroisse. M. Allard envoya le P£re Dandurand sur les lieux pour examiner l’affaire (septembre 1850). Aprfes le rapport favorable de celui-ci, un d6cret direction fut lanc6 (26 janvier 1851).* II y avait alors dans la nouvelle paroisse 150 families toutes canadiennes.
* Les limites de la paroisse furent modifies par trois ddcrets : 26 janvier
I8s* i> i3juillet 1839, 12 mars 1872. La proclamation civile date du 24 aofit
. Le Premier juln 1850, M. Sterkendries avait bdni une croix qui existe encore sur la terre d’Emery Villeneuve, n° 17, c6te Saint-Andrd. Le 21 du meme mois, il en bdnit une autre sur
a terre de Chs. Cbabot, n° 15, qui tut plus tard transportde sur le n° 16.
La chapelle en bois dquarri mesurait d’abord 50 pieds sur 30, et fut, dans la suite, allongee d’une vingtaine de pieds. Une sacnstie 4 deux etages de 24 pieds sur 20, servait de presbytdre. Sous le choeur de la chapelle, le soubassement dtait amdnagd en chambres 4 coucher tandis que l’dtage supdrieurfut distribud entre les divers offices ndcessaires 4 une maison d’habitation. C’est 14 que logerent les trois premiers curds. L’drection du chemin de la croix k Samt-Andre date du 16 mars 1851, deuxidme dimanche A trois mois plus tard (6juin) Mgr. Guigues fit sa premidre visite pastorale dans la nouvelle paroisse. II se montra d’une extraordinaire bienveillance pour ces pauvres habitants qui semblaient prets aux plus grands sacrifices et les exhorta 4 couronner leur oeuvre en pourvoyant genereusement aux besoins du culte et aux ndcessites de leur curd.
La cloche de la chapelle fut bdnite le ier juillet suivant. Elle pesait 303 livres et fut suspendue dans une charpente en bois an coin droit de l’eglise.
Tout semblait done marcher 4 merveille 4 Saint-Andrd. Malheureusement, le bonheur n’est pas de ce monde. Bientot les gens se lassdrent de charges qui parurent trop lourdes 4 l’indigence des uns et 4 la mauvaise volontd des autres. M. Sterkendries comment 4 se plaindre et la division se mit dans la paroisse. Les choses en vinrent 4 un tel point que le 27 janvier 1855, 1’dveque d’Ottawa requt deux requdtes : l’une signde de 80 noms demandant le depart du curd, la seconde portant 70 signatures qui reclamait son maintien. Le Pdre Aubert, vicaire-gdndral, dut vemr faire une enquete (2 aout 1855) qui aboutit au rappel de M. Sterkendries, sacrifice jugd ndeessaire au retablissement de la paix.
M. Sterkendries s’en alia passer quelquesmois 4 Plantagenet, mais sa santd s’dtant affaiblie, il fut transportd 4 l’hopital d’Ottawa oil il mourut le 17 fdvrier 1857.
Les sacrifices imposes par les revolutions portent rarement d’heureux fruits. A la rfivolte ouverte succede souvent la rivolte organist qu’on appelle le gouvernement const, tut, onnel ou 1 anarchte pure. Tel fut le cas k Saint-Andrd.
Le nouveau curb, M. J. David, venu de Grenville, ouvnt les registres paroissiaux : le premier acte qu ll signa tut a sepu ure d’ Alphonse Villeneuve (13 septembre 1855). Son admims ra ion fut, comme la prbcbdente, en butte aux contradictions Aussi, s’empressa-t-il, dbs les premiers jours de Janvier 1857, de quit er Saint-Andrd pour s’installer k Montebello.
II eut pour successes, son vicaire, M. Ebrard (ler tevrier l8c7). Sous 1’ administration de ce dernier, le regime parlementaire, triomphant, s’dpanouit dans toute sa beautb. Le conseil des marguillers, institub le 16 janvier 1851, tenait ses seances sous la prbsidence d’un laique et bcoutait gravement les suppliques du curd qui devait signer les rdsolutions adoptdes par ce senat. On alia plus loin, on eut recours, comme en Suisse, au referendum populaire. Un jour, M. Ebrard convoqua une assemblee gendra e de paroisse k l’effet d’engager un servant de messe, un bedeau et des chantres. L’histoire ne dit pas, cependant, si la mdnagere du curd fut l’objet des deliberations de cette nouvelle assemblee nationale. Quoiqu’il en soit, on comprend que la position du ddbonnaire, M. Ebrard, ne tarda pas k devemr impossible et qu ll dut demander son changement (26 septembre 1855). II fut envoye 4 Cumberland puis k Farrelton ob il termina sa vie en se noyant dans les rapides de la Gatineau.
Mgr. Guigues, dans les deux visites qu’il fit, juillet 1857, et juin 1859, constata avec douleur l’etat ddplorable des affaires. Tout dtait en ddsordre, point de comptes, point de livres, encore moins d’obdissance. On avait achetd une terre de 40 arpents ; il ordonna qu’on en paydt rdgulidrement les annuitds, l’dglise dtait devenue trop petite ; il voulut qu’on la prolongeat, et commanda de batir un presbytdre de 36 pieds sur 24, ordre qui ne fut exdcutd qu’en i860.
Cependant, malgrd ces ennuis et ces ddboires, la paroisse continual k prospdrer ; les colons, affluaient, sur ses terres, bien
plus fertiles que la nature accidence du sol ne l’avait fait supposer. En 1857, on comptait ddj4 64 families dans le canton de Ripon ; et une trentaine, 4 Hartwell. Le 13 juillet 1859, Mgr. annexa 4 la paroisse, la cote Saint-Pierre nouvellement fondde, et il engagea les .marguilliers 4 obtenir l’drection civile de la paroisse, pour
avoir les moyens de mener k bonne fin les travaux qu’il avait commandos.
Le 29 aout 1859, M. Ebrard, avant de quitter Saint-Andrd, consacra la paroisse aux sacres Coeurs de Jdsus et de Marie,’ sous le vocable de Notre-Dame des Victoires.
Son successeur fut un autre franqais, M. Guillaume, qui devait demeurer 14 quatorze ans.
Le premier soin de M. Guillaume fut de reagir contre les envahissements des marguilliers ; le second fut de construire un presbytere. Nous ignorons quand il fut commence, mais ce que nous sa\ ons c est que pendant l’dtd de 1861, lors de sa visite pastorale, Mgr. Guigues s’indigna de voir qu’il n’etait point encore fini.
Des cette epoque, Saint-Andrd etait devenu une grande et belle paroisse et possedait tous les elements qui devaient en faire, plus tard, l’une des plus importantes du diocdse.
sainte-ang£lique de papineauville.
L’emplacement de l’eglise et du presbytere de Sainte-Angdlique est un don de 1’hon. Benjamin Papineau.
Les habitants de cette partie de la seigneurie de la Petite- Nation, jaloux du succes de ceux de Saint-Andrd, rdsolurent de marcher sur leurs traces. Le 18 janvier 1851, ils envoyaient 4 Mgr. Guigues, une requete, dans laquelle ils lui exposaient que, vu les accroissements de la paroisse, la chapelle de Bonsecours dtait devenue trop petite. Ils demandaient done la permission de se constituer en paroisse separde, ce qui aurait un double avantage pour eux d’abord, et ensuite pour Montebello, dont la chapelle, une fois reparde, serait suffisante pour longtemps. Quant 4 eux, ils ne voulaient qu’un delai de trois ans pour bitir toutes leurs constructions paroissiales.
Mgr. leur envoya immediatement, comme ils le d^siraient, l’autorisation de faire une chapelle, un presbyt&re et un cimetiere, dans le d^lai voulu, aprfes quoi il les constituerait volontiers, disaitil, en paroisse.
Les travaux commendrent immediatement, mais malgr^ toute la diligence qu’ils mettaient k les poursuivre, leur impatience dtait si vive qu’elle leur rendait tout retard insupportable.
En novembre 1852, ils envoyerent k l’6veque de Bytown une seconde petition : “Nous avons choisi un terrain, dans une magnifique situation, dominant la riviere. Nous avons construit un presbyt&re, dont le bas servira de chapelle, jusqu’i ce que nos moyens nous permettent d’elever une eglise en pierre ou en brique. Dans votre visite du 15 juin 1851, vous avez examine et approuve tous mes travaux. Tous les ornements et objets mkessaires au culte ont et6 approuv6s ; le Pere Bourassa a commence k venir dire la messe chez nous, tous les quinze jours, et se propose de continuer k le faire. C’est pourquoi, monseigneur, nous vous supplions de ne pas attendre les trois ans convenus, mais d’eriger immediatement la mission de Sainte-Angelique en paroisse canonique. Aussitot que vous pourrez nous envoyer un cure residant) nous lui constituerons un traitement de 100 louis. Nous en donnons, d’ores et ddjh., cinquante au Pere Bourassa, dont nous n’avons qu’4 nous louer. Ce systeme de traitement fixe nous est plus agr^able que la dime.”
Monseigneur chargea le Pere Bourassa de faire une enquete sur le bien fond6 de cette petition. Le Pere Bourassa se trouvait empeche, ce fut le Pfere Aubert, superieur des oblats et vicaireg6n6ral qui descendit k Papineauville (6 fevrier 1851) et qui constata que tout dtait conforme h la teneur de la requete- II fit done un rapport favorable, et le 15 fdvrier 1853, le decret direction de la paroisse de Sainte-Angdlique de Papineauville fut sign^ k la grande joie des habitants.
La premiere chapelle de Papineauville n’^tait point, semble-til, une merveille. En effet, dans une note 6crite par Mgr. Guigues, ou sous son inspiration, on fait remarquer que M. Benjamin, Fame de Pentreprise, n’y r6ussit gufere. “ Cet honorable monsieur, dont
1 esprit et le grout Oait distingues sous bien des rapports, en avait un bien mediocre pour les constructions. II prit beaucoup de peine, fit de grandes dfipenses, qui ont dfi etre acquires par les paroissiens, et ^leva une chapelle qu’il fallut dOruire bientdt apres. ’ Elle avait 48 pieds sur 32, elle fut demolie en 1863 aprO 1 achevement de la nouvelle figlise.
A Le Prem,er acte Orit aux registres paroissiaux est le bapteme de Sophie Dupuis, fait le 4 avril 1853 et sign6 du POe Bou-
rassa. Le 31 juillet de la meme annO, fut bOite une belle cloche de 605 livres.
Apres le Pere Bourassa, M. Arthur Mignault de Montebello, desservit Papmeauville, du 22 janvier 1854 au 11 aout 1856. II erigea le chemin de croix (juillet 1854). Le R6v. M. Ebrard desservit ensuite la paroisse comme pretre d616gu6, jusqu’au 9 fOrier
1857. Ce meme jour M. Joseph David signa son premier acte, en qualite de cure de Bonsecours.
L’annee , suivante, ce pretre Oda Montebello au POe Bourassa, pour s’dtablir definitivement k Papineauville, dont il devint le premier cure residant. Voici en quels termes les paroissiens de Papineauville manifestoes k l’dvlque d’Ottawa les sentiments
que ce changement leur faisait eprouver. “ ier mai 1858. Nous
avons entendu dire que M. David et le POe Bourassa veulent faire un arrangement. Celui-ci resterait k Montebello, et le premier s installerait chez nous, d’oii il desservirait le canton de Lochaber- Cette nouvelle nous comble de joie. Nous aimons M. David. Nous lui donnons actuellement 250 piastres, quoiqu’il ne vienne que tous les quinze jours. S’il s’Oablit parmi nous, nous construiune veritable figlise et un presbytOe.”
M. David s’etablit effectivement k Papineauville, probablement dans ce meme mois de mai 1858. De leur cot^, les habitants se disposOent k tenir leur promesse.
M. David, tout k l’entreprise de la nouvelle (^glise, s’empressa de faire les demarches ndcessaires pour obtenir l’firection civile de Sainte-Angelique, chose indispensable, quand on veut prfilever une taxe ldgale sur les propri6t6s, puis il se mit hardiment k l’ceuvre (19 aout 1859).
D<£j& le presbyt£re etait construit. II etait petit mais agreable et dans une magnifique position (1859).
L’^rection civile une fois obtenue, Mgr. donna (avril i860) la permission de batir l’^glise. Ce grand travail se fit sous la direction de M. Napoleon Bourassa comme nous verrons, et la benediction eut lieu le 23 octobre 1862.
Nous terminerons ces deux chapitres consacr6s au comte d’Ottawa par la comparaison des recensements de 1851 et de 1861. Le lecteur verra les grands progres que fit la colonisation dans cette courte periode de dix annees.
Canadiens.
Irlandais
catholiques.
Total
catholiques.
Protestants.
Population
totale.
Ces chiffres ont besoin d’etre expliques. Le comte de Pontiac ayant ete cree dans cette decade, c’est, en realite un accroissement de 14,125 habitants de plus qu’il faudrait enregistrer. Ainsi, de 1851 4 1861, la population de cette region est passee, du chiffre de 22,903 5. celui de 41,882. Si les protestants et les irlandais ont diminue dans le comte d’Ottawa, c’est qu’ils habitaient dans la partie absorbee par le comte de Pontiac. Quant aux canadiens, ils ont augmente partout.