‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 156 sur 189 · LETTRE DE M. DUPUY EN 1836, SUR MATTAWA · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DUPUY EN 1836, SUR MATTAWA

. . Nous n(jus mJmes en frais de gagner Mattawa. En chemin, nous

fumes reconnus par deux families du lac des Deux-Montagnes h^berg^es dans une m arson de chantier Rien ne saurait tigaler la joie de ces pauvres gens k la vue de leur ancien P^re, M. Bellefeuille. Ils tombaient a genoux pour lui demander sa bdnddiction. Apprenant que nous devions coucher k Mattawa ils voulurent nous y suivre. II ny avait dans ce poste qu'une chaumi^re et qu un petit hangar appartenant k la compagnie, et k un demi-arpent de 14 une maison de chantier assez bonne. En y arrivant, M. Bellefeuille se mit 4 instruire les sauvages et M. Dupuy remonta jusqu'4 la fourche de la petite n vi ere qui vient du cot4 du lac Nipissing. II y trouva des gens en chantiers f. qu,' 11 antjPn9a que le lendemain ils pourraient entendre la messe a Mattawa Ils s y rendirent au nombre de douze 4 quinze. M. Dupuy cMdbra la messe a laquelle assisterent trente a quarante personnes.”

monuments religieux qui font l’orgueil de Mattawa. Quatre arpents de terre y furent concedes par le gouvernement k la mission. A cotd de l’ancienne chapelle se trouvaient jadis le cimetfore catholique et le cimetfore protestant. Ces cimetfores, comme la chapelle elle-meme, ont disparu pour faire place aux nouvelles constructions.

La chapelle, commence au printemps, fut bfinite le 6 aofit 1S64 par Mgr. Guigues en personne qui donna trois jours de mission aux voyageurs.

Personne n habitait alors k Mattawa, mais k l’occasion du voyage de 1 6veque, trois reprfisentants de races diverses vinrent s y etablir : un canadien, M. No£ Timmins, y construisit une hotellerie, un anglais, M. John Bangs, ne tarda point k le suivre, et enfin, l’ancien seigneur de ces contrdes, le sauvage Amable Du fond batit definitivement sa hutte sur la pointe du rivage.

Le 26 octobre 1869, le P£re Nddelec descendit du Tdmiscamingue 4 Mattawa pour fonder une residence dans ce poste qui ne comptait encore que quatre habitants. II passa l’hiver dans une maisonnette que lui pretait M. Timmins, k cofo de son hotel. Pendant trois ans, ce gdndreux chretien fournit gratuitement leur nourriture aux missionnaires. Le sauvage Amable Dufond, de son cotfi, pretait la meilleure chambre de sa maison pour qu’on y dit la messe tous les jours, exceptd le dimanche. Ce jour-14, on traversait la riviere en bateau et Ton montait k la chapelle.

En fevrier 1870, le Pere Gudguen, l’fimule du P4re Nddelec et l’apotre des sauvages des sources de l’Ottawa et du Saint-Maurice descendit k son tour k Mattawa et vint s’installer aupr4s de son confrere qu’il aida k terminer la chapelle.

On comptait, k la fin de cette ann6e dans le vaste territoire qui s’etend de Bisset’s creek au lac Nipissing, quatre-vingts families dont cinquante-cinq catholiques et pr4s de deux mille hommes de chantiers.

Le Pere N^delec passa seul l’hiver qui suivit, mais au printemps de 1871, pendant qu’il faisait sa tournfie chez les sauyages,

les PP. Gufeguen et Poitras descendirent du Tfemiscamingue et visitferent les chantiers.

L’annfee 1871 fut pour Mattawa le commencement dune fere de progrfes. En fetfe, un systfeme de bateaux k vapeur fut fetabli sur chacun des lacs de la rivifere, et l’hiver un service de diligences fut organisfe.

Deux fecoles furent ouvertes k cette fepoque. Celle des anglais ne comptait que cinq enfants, celle des catholiques, plus prospere, en avait trente. Le Pfere Nfedelec (septembre 1871) en fut le premier instituteur. II cumulait les fonctions de maitre d ecole, de missionnaire et de curfe. Une vieille cuisine lui servait de presbytfere, de chapelle pour la semaine, de salle de classe et de dortoir, dortoir qu’il partageait d’ailleurs avec deux hommes engagfes de M. Timmins. C’est ainsi qu’il passa l’hiver de 1871-1872, tandis que ses deux confrferes visitaient les chantiers.

L’annfee 1872 vit la region du Nipissing ferigfee en district et organisfee judiciairement : un juge, M. Doran, fut nommfe et Mattavva eut deux magistrats, MM. McDonald et Timmins. Ce meme etfe, une residence pour les Pferes fut enfin construite. Elle etait placfee en bas, sur la pointe, au pied du pont actuel du chemin de fer du Tfemiscamingue. Le site choisi avait 1 inconvenient de se trouver en depa de la Mattawan de l’autre cote de la chapelle ou 1’on ne pouvait encore dire la messe que le dimanche. La batisse avait 40 pieds sur 22. Elle servit d abord de presbytere, ensuite d’fecole, enfin d’hopital jusqu’fi ce qu’elle devint la proie des flammes.

En 1873, les PP. Poitras et Gufeguen continuferent k visiter les chantiers. Quant au Pfere Nfedelec, il renonpa au mfetier d’instituteur et fonda une fecole publique ou 40 enfants, catholiques et protestants, se rfeunirent sous la houlette d’une maitresse catholique, Mile Gun (11 octobre 1873). La classe se faisait dans une salle du presbytfere, lequel fut complfetement achevfe ce meme fetfe.

Les deux annfees 1874 et 1875 furent une fepoque de crise pour les chantiers. Cependant la population s’accrut quelque peu. Le

district de Mattawa comptait en 1875 six cents habitants dont cinq cents catholiques, sans compter la population flottante qui £tait de trois mille voyageurs.

Nous terminerons ce chapitre, comme tous les autres, par le tableau comparatif des recensements de 1861-1871.

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