‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 157 sur 189 · MISSION SAINT-CLAUDE DU TEMISCAMINGUE · texte numérisé non relu

MISSION SAINT-CLAUDE DU TEMISCAMINGUE

OUS avons raconte dans des chapltres precedents, l’histoire des premieres missions chez les sauvages du nord et la fondation des deux chapelles du Temiscamingue et d’Abbitibi que les missionnaires oblats visitaient rdgulierement tous les ans.

En 1862, le PerePian obtint du sup^neur-general de sa congregation, le T. R. P. Fabre, & Paris, la permission d’etablir enfin au Temiscamingue une residence permanente d’ou les missionnaires pourraient plus facilement surveiller

leurs sauvages ndophytes et les amener par degres k la civilisation. Cette permission accordee combla de joie non seulement les missionnaires, mais aussi les eveques de la province de Quebec qui benirent l’entreprise du Pfere Pian et lui promirent leur protection.

Le Pfere Pian s’etablit dans l’Ontario sur un ddtroit qui n’a en cet endroit qu’un quart de mille de largeur, en face du fort de la compagnie de la baie d’ Hudson lequel se trouve, avec l’ancienne chapelle de M. de Bellefeuille et le cimetifere, dans la province de Quebec. C’etait le 11 mai 1863. “Avec l’aide des sauvages, ecrit ce bon Pere, et quelques fois des commis du poste de la compagnie, une petite residence, mesurant huit metres sur six, se

* Nous avons tir£ tout ce qui regarde le Temiscamingue de deux ouvrages : A la Baie d Hudson, par M. l’abbe Proulx et L Histoire du Temiscamingue, par un P£re oblat, en cours de publication dans le journal La Sentinelle, de Mattawa.

trouva terminee et en dtat de recevoir les P4res Lebret et Mourier le 12 octobre 1863, jour 011 nous sommes entr&s dans cette nouyelle demeure. Pour tout meuble nous n’avions qu’un banc ; nous couchions sur le plancher, les pieds tourn^s vers la chemin^e, sans crainte de faire une chute. Si sainte Th^r&se avait visits notre maison, elle n’y aurait certainement rien trouvd de contraire 4 la pauvretA” — Lettre du Rev. P6re Pian, ier mars 1864.

“ En 1864, au mois d’aout, Sa Grandeur Mgr. Guigues, dveque d’Ottawa, voulut bien venir bdnir cette nouvelle residence et en meme temps donner la confirmation aux sauvages qu’dvangdlisaient les Peres.

“ Apr4s le depart de Sa Grandeur, le Pfere Pian ne resta pas les bras croises. Avec un petit sauvage et le vieux l’Ecrevisse qu’il avait engage cet automne, il rdussit k faire des billots, k scier de la planche et k travailler si bien la nouvelle allonge que, le 25 mars 1865, il y avait une autre chapelle dans le haut de la nouvelle piece. L’autel et le tabernacle dtaient prets. Le dimanche (28 mars) les Peres celdbrerent pour la premiere fois le saint sacrifice de la messe dans la nouvelle chapelle.

“ Mais les Peres ne se bornaient pas 4 am^liorer le cotd matdriel de leur mission. Ils savaient qu’ils avaient des Ames ignorantes k instruire, des orphelins 4 recueillir, des malades k soigner. Pour cela ils leur fallait des coadjutrices, des sceurs de charite, Dans ces conjectures, le P4re Pian s’adressa k Mgr. Guigues. Le bon Dieu couronna ses efforts et en 1866, le 17 octobre, il eut la consolation en revenant d’Ottawa, de ramener avec lui les deux bonnes sceurs-grises, sceurs Raisenne et Vincent. D4s leur arrivde il fallut s’occuper de construire une nouvelle demeure. Le Pere Pian se mit aussitot k l’ceuvre pour prdparer le bois de la maison neuve qu’il fit dlever dans le courant de l’dtd.

“ Cette maison mesurant trente pieds sur ving-neuf, une fois achev^e devint la residence des Ptbres qui laissferent 4 la disposition des Soeurs celle qu’ils occupaient auparavant.

“ Le P4re Mourier rentra 4 Ottawa en 1865. Deux ans plus tard (1867) le P4re Lebret fut changd, et 4 sa place, le P4re Laverlochfere fut envoyd 4 ce poste du Tdmiscamingue, t^moin de ses

premiers exploits, et qui devait etre maintenant temoin de ses souffrances patiemment support^es et de sa pieuse mort. Avec lui arriv&rent du Labrador et du Saint-Maurice, les PP. N6delec et Gu^guen qu’on peut nommer, 4 juste titre, les apotres des Sauvages dans le diocfese.”

Au mois de mars 1869, le P4re Poitras, futur sup^rieur de Mattawa, arriva 4 son tour au T6miscamingue ; le Pere M. Provost l’y suivit, le 21 mai 1873.

Tels furent les commencements de la grande mission du T6miscamingue dont l’importance future comme centre d un mouvement de colonisation ne saurait trop etre apprdcide.

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