SAINT-BERNARD DE FOURNIER. - (CANTON DE SUD GLOUCESTER
L’origine de la paroisse de Saint-Bernard de Fournier remonte k l’annde 1855, k laquelle dpoque Mgr. Guigues b6nit l’emplacement de la future dglise. Pendant quatre ans, M. Almeras, de
, , * h y avait dt^ji une ann^e que M. Almiras n'habitait plus Curran ; il
s’^tait ^tabli k Cumberland d’ok il visitait tout le pays. (12 septembre 1858— 13 septembre 1859).
Plantagenet, y fit la mission, d’abord dans la maison d’un catholique irlandais, M. Paxton, ensuite chez un canadien, M. Bernard Lemieux. Ce dernier, fervent chrdtien, donna & la corporation episcopale une terre de huit arpents pour la paroisse, et construisit ci ses frais, en 1859, une chapelle convenable qu’il fournit de tous les objets n6cessaires au culte. L’dveque de Bytown lui en garda une vive reconnaissance. II vint lui-meme le 26 octobre 1859, accompagne des RR. Bertrand, Guillaume et Molloy, b^nir le modeste sanctuaire et eut soin que la mission solddt tous les deboursds de M. Lemieux, qu’on r6compensa en outre, d61icatement en baptisant du nom de Bernard la nouvelle chapelle. Nous verrons dans la suite que M. Lemieux et M. Paxton, son ami, continuerent jusqu’4 la fin leurs traditions de d6vouement.
Une annee plus tard, (30 octobre i860) M. Cholet, cure de Saint-Polycarpe, d616gu6 de l’eveque, et missionnaire de Plantagenet, benirent solennellement un cloche et un chemin de croix achetds par les pauvres mais g6n6reux colons de Saint-Bernard de Fournier.
Pour donner une id6e de la colonisation k cette 6poque et de la sollicitude avec laquelle l’eveque d’Ottawa les suivait, il suffit de citer une note de sa main en date du 26 octobre 1859 : “ Lorsque dit-il, je plantai, en juillet 1854, la croix pour marquer la place de la future eglise, il n’y avait lh que vingt-neuf families, presque toutes irlandaises. Aujourd’hui, ce nombre a doubl6 et la majorite est devenue canadienne.” Puis il ajoute : “ Le bon M. Lemieux
s’est deposs^dd de sa terre pour nous la donner. Il a construit une eglise de 64 pieds de long sur 36 de large et 17 de haut. Les catholiques tiendront k cceur de le nkompenser et de lui donner une somme superieure aux 105 louis qu’ils ont souscrits.
“ Les colons sont au nombre de 120 families catholiques ; ils sont encore pauvres, mais leurs terres sont excellentps et unies. Il y a peu de protestants. Le R£v. M. Bertrand fera la mission une fois par mois dans cette chapelle, et quelque fois dans l’ann^e k la Scotch River. Esperons que ces avantages religieux favoriseront la colonisation dans ces parages.”
SAINT-ISIDORE DE PRESCOTT. - (CANTON DE SUD-GLOUCESTEr).
Le nom de la Scotch River 6tait donn6 jadis k la paroisse actuelle de Saint-Isidore de Prescott. Comme nous venons de le voir, dfes l’ann6e 1859, les colons de ce territoire voulaient se batir une chapelle, e.t refus^rent de s’unir 4 ceux de Saint-Bernard de Fournier, qui construisirent la leur. Mgr. Guigues leur fit entendre que leur entreprise 6tait pr^matur^e.
Toutefois pour leur donner satisfaction et leur faciliter l’accomplissement du devoir pascal, le cur6 de Plantagenet reyut ordre d’y faire mission quelque fois dans annee. La premiere messe y fut dite par M. Almiras, dans une maison particuliere. Apr&s lui M. Bertrand continua de celdbrer, de temps en temps, la messe au meme lieu.
SAINT-VICTOR D’ALFRED (CANTON d’aLFREd).
La mission de Saint- Victor, au canton d’ Alfred, date de 1854. Pendant deux ans, le curd de l’Orignal la visite k de rares intervalles. En 1856, six arpents de terre furent donnes, pour l’dglise, la corporation 6discopale, et une trfes modeste chadelle en bois fut 6rig6e. M . Almiras, curd de Plantagenet, qui eut cette desserte, y fit mission tous les mois, agrandit et restaura la chapelle. Son successeur, M. Bertrand, continua de desservir cette mission.
L’avenir de Saint-Victor d’Alfred courut un grand danger, aux premiers jours meme de son existence. En eflfet, les gens de Caledonia, en concurrence avec eux, demanderent par lettre, du 5 mars 1855, k l’6veque de Bytown, l’autorisation de construire une chapelle. Ils donnaient pour argument qu’ils avaient re^u de M. Tredwell, seigneur de l’Orignal un beau terrain et cent piastres, pour commencer les travaux, et que quant k eux, ils se sentaient assez forts pour faire vivre un pretre. Mgr.. Guigues leur repondit que sa parole dtait ddji engagde aux gens d’Alfred, mais qu’il tiendrait bonne note de leur petition, et que si ces derniers n’accomplissaient pas leurs engagements avant sa visite pastorale, au mois de juillet suivant, il ferait certainement droit k leur demande.
Nous terminons ce chapitre par un tableau comparatif des recensements de 1851 et de 1861, pour le comtd de Prescott.
Canadiens.
iSS1---- 3»438
Irlandais Total
catholiques. catholiques.
■p» , , , Population
Protestants. ,r, ,
totale.
Ces chiffres sont instructifs. Les catholiques, qui formaient en 1851, la moitie de la population, comptent en 1861 pour les deux tiers. Ils ont une tendance k doubler de nombre tous les dix ans ; tandis que les protestants restent stationnaires.