‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 107 sur 275 · SAINT-JOSEPH D’'ORLÉANS. —(GLOUCESTER-NORD · texte numérisé non relu

SAINT-JOSEPH D’'ORLÉANS. —(GLOUCESTER-NORD

L'origine de cette mission remonte à 1849. Voici en quels termes Mgr. Guigues la raconte dans ses notes.

‘* En descendant l'Ottawa, à une certaine distance de Bytown sur les cantons de Gloucester et de Cumberland, se trouvent établis un certain nombre de familles catholiques, à pen près dépourvues de secours religieux. Elles ne sont point, il est vrai, éloignées de Bytown, car, en ligne directe, elles ne comptent , elles ne comptent guère que neuf milles, mais il est impossible d'y aborder par le

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‘ Depuis longtemps, ils désiraient la visite de l'évêque, sans

oser le manifester ; mais vers la fin de septembre 1849, M. Dupuis

! qui est un bon catholique et un des principaux habitants du lieu, est venu à Bytown m'exprimer le désir commun. Je me suis empressé de me rendre à leurs vœux. Le deux octobre, j'ai commencé, avec le père Brunet, une petite mission de deux jours. une cinquantaine de personnes ont communié et une quinzaine ont reçu le sacrement de confirmation. M. Dupuis, ainsi que les

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habitants, désiraient ardemment avoir une chapelle, afin d'y recevoir plus souvent la visite du missionnaire, et je partageais bien sincèrement leur désir. Mais pour le réaliser, deux choses étaient nécessaires : leur bonne volonté, et, de plus, la possibilité de le faire. J'ai nommé trois syndics pour m'’assurer de l’une et de l’autre. La réponse a été que tous demandaient une chapelle et espéraient pouvoir l'élever. Ils se sont offerts à me donner, chacun, quatre journées par mois, jusqu’à la pleine confection de l’onvrage.

‘ La chapelle doit être élevée sur un terrain de 8 acres que M. Dupuis a destiné pour cet objet, située à environ 4 ou 5 arpents de la rivière et à un demi mille du chemin du roi. M. Dupuis a promis de laisser sur la lisière de sa terre, un chemin convenable pour y arriver de tous les côtés. Je lui ai promis, de mon côté, que lorsque l’acte de donation sera fait à l’évêque de Bytown, il aurait droit à un banc de famille, pour lui et ses enfants, aussi longtemps que sa terre porterait son nom. Nous avons planté la croix le 3 octobre, après la messe de confirmation. Plusieurs personnes versaient des larmes d’attendrissement en entendant les cantiques de ‘‘ Vive Jésus, vive sa croix,” que tous répétaient d'une commune voix, en voyant cette croix placée sur une élévation qui domine l’Ottawa, où ils pourront venir prier en attendant la chapelle qu’ils veulent ériger.”’

Mgr. Guigues revint, une autre fois, faire chez M. Dupuis, les exercices de la visite pastorale. Maïs la route appelée chemin de Montréal, ayant été ouverte peu après, les catholiques demandèrent, avec raison, que la chapelle fut placée sur le bord de la route. L’évêque, qui venait d'acquérir les lots 1 et 2 de la première concession de Gloucester, acquiesça à leur demande, donna huit arpents à la mission, et bâtit, de ses deniers, une maison pour le prêtre, à condition, toutefois, que ses dépenses lui seraient remboursées par la paroisse. Les catholiques bâtirent alors une petite chapelle en bois, fort convenable, et une desserte régulière confiée, non plus anx prêtres de l'évêché, mais M. Michel et à ses successeurs à Cumberland, y fut établie.

Dans le compte-rendu de la visite pastorale, (27 juillet 1857) nous trouvons la note suivante : ‘M. Michel se rend, de Cum-

e berland à Saint-Joseph, une fois tous les quinze jours. Population : 90 familles, en majorité canadiennes. Cette mission grandit chaque année et pourra bientôt soutenir un prêtre. En comptant la mission de L'Ange-Gardien, de l’autre côté de la rivière, on aura près de deux cents familles. La chapelle, longue d'abord de trente pieds, a été doublée, et une sacristie y a été ajoutée.”

A la fin de 1860, un jeune prêtre français, M. Chaine, fut nommé premier curé résidant de Saint-Joseph.

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