SAINT-JEAN CHRYSOSTOME D'ARNPRIOR
Le canton de MacNab, sur le bord de l’Ottawa, fondé vers 1825 par le laird écossais de ce nom, comprend la paroisse d’Arnprior et la mission de Sand-Point qui lui est attachée. La belle petite ville d’Arnprior, (5,000 âmes) admirablement située à l'embouchure de la Madawaska, doit son origine, comme tous les villages du pays, au commerce des boïs, et, en particulier, aux scieries de M. McLaughlin, qui comptent parmi les les plus importantes du Canada.
M. McNulty visita ce canton, à de rares intervalles, jusqu’en 1852. Après lui M. Bouvier le desservit, d’abord de Renfrew, (1852-1854) puis du Portagr:-du-Fort, malgré la distance. Cette distance est en effet fort considérable. Le missionnaire disait la messe à Arnprior une fois par mois, le dimanche, et le lendemain,
. en s’en revenant, il s’arrêtait à Sand-Point où il offrait également
le saint Sacrifice.
La ville d’Arnprior est relativement toute récente, et ne date, à proprement parler, que de ces dernières années. La première chapelle en bois y fut bâtie par M. Bouvier en 1857, et la bénédiction en fut faite par Mgr. Guigues le 27 janvier 1858, Ses dimensions étaient fort restreintes : 42 pieds sur 32. La congrégation catholique ne comptait alors que 40 familles, dont 10 canadiennes, et dont 22 habitaient au village. 11 n’y avait point encore de cimetière particulier. Mgr. Guigues observe que ce village, si bien situé sur l’une des bouches de la Madawaska, a le droit de compter sur l'avenir, et qu’un prêtre résidant y sera promptement rendu nécessaire. La chapelle était construite sur un arpent de terre donné par M. MacClaren. Deux ans plus tard (1860) l’évêqûe d'Ottawa visita de nouveau Arnprior, et constata que, quoique depuis la bénédiction de la chapelle on en eut lambrissé l’intérieur, il lui manquait encore bien des choses : la table de la communion, le clocher et le revêtement extérieur. Le besoin d’un prêtre résidant se faisait sentir chaque jour davantage.