SAINT-PAUL-ERMITE DE SHEENBORO
Sur la rive gauche de l'Ottawa, au-dessus de l’île des Allumettes, s’élève le fort William, ancien poste de la compagnie de la baie d'Hudson, et aujourd’hui propriété de M. McCool. A quatre milles de ce fort, au milieu d’une plaine fertile mais malheureusement trop peu étendue, a été construit le petit village de Sheenboro, chef-lieu du canton de Sheen. Parmi les premiers habitants du lieu on compte MM. Michael Hayes, John Dewney, Andrew Keon.... C’est dans la maison de ce dernier que M. Lynch avait coutume de dire la messe et d’administrer les sacrements. M. Lynch, toutefois, n’est point le premier missionnaire qui vint en cet endroit, car, bien longtemps avant lui, les missionnaire faisaient halte au fort William et distribuaient les secours de la religion aux sauvages et aux blancs qu'ils y trouvaient
réunis. M. de Bellefeuille érigea lui-même la première croix qui fut plantée sur ces bords.
En 1855, Mgr. Guigues, voyant que les colons catholiques commençaient à affluer dans ce canton, acquit, au prix de quinze louis, les droits de M. Donald MacDonald sur les lots 40 et 41 de la deuxième concession, et les habitants se hâtèrent de construire sur ce terrain une petite maison ou chapelle en bois, de bien modeste apparence. Cette chapelle leur valut un service plus régulier, car à partir de cette époque, M. Lynch, à qui l’évêque venait de donner un vicaire, vint les visiter souvent lui-même, ou leur envoya son assistant.
. En 1859, la compagnie de la baie d'Hudson, voulant satisfaire aux besoins religieux de ses sauvages, fit construire à ses frais une petite chapelle qu’elle munit d’une belle cloche, au bord de l’eau, dans une situation magnifique, d’où l’on domine le lac et l’île des Allumettes.
En février 1860, lors de sa visite, Mgr. Guigues écrivait sur la mission de Sheen, la note suivante : ‘Il n’y a ici que 60 familles, mais comme chacune des terres est de deux cents arpents, on pourra les dédoubler et faire de cette mission une paroisse. La chapelle est misérable, et il est urgent d’en construire une nouvelle.” |
Cette même année, 28 septembre 1860, les habitants qui commençÇaient à prospérer se sentirent pris d’un beau zèle, et envoyèrent à l’évêque une pétition pour avoir un prêtre résidant parmi eux. Ils se faisaient forts de lui assurer un traitement de 125 louis. Mgr. Guigues leur répondit prudemment de ne point aller trop vite. ‘Vous êtes encore trop nouvellement établis, disait-il, ayez patience, et ne chargez pas vos épaules de deux fardeaux à la fois. Commencez d’abord par bâtir une église, et puis nous verrons à vous envoyer un prêtre.”
L’évêque avait raison : la belle ardeur des habitants de Sheen n’était qu’un feu de paille ; ils prirent plus de dix années pour construire leur église.