‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 153 sur 275 · SAINT-CAMILLE DE FARRELTON—(AUTREFOIS SAINT-JOSEPH DE WAKEFIELD · texte numérisé non relu

SAINT-CAMILLE DE FARRELTON—(AUTREFOIS SAINT-JOSEPH DE WAKEFIELD

Cette paroisse est relativement ancienne. Ses habitants, tous irlandais, s'établirent au pays, à l’époque, ou immédiatement après l’époque de la grande famine. Attirés sur les bords de la Gatineau par la facilité qu'ils avaient de trouver de l’ouvrage dans les chantiers, et d’y vendre à bon prix, leurs denrés, ils commirent la faute de mal choisir leurs terres et de laisser aux protestants les plus fertiles du pays. Ce n’est donc qu’à force de travail et de privations qu’ils parvinrent à sortir de leur misère. La population irlandaise des deux cantons de Wakefield et de Low a la même origine, et provient de la même émigration.

Plusieurs années auparavant, néanmoins, quelques colons étaient déjà établis à Wakefield. Lorsque les prêtres, MM. Brady, Désautels, Hughes, venaient y faire mission, c'était chez M. Farrell qu’ils disaient la messe et qu’ils tenaient les assemblées. Le 4 juillet 1844, un protestant converti, M. Samuel Lord, avait fait don à la mission, de 8 arpents de terre pour l’église ; mais les catholiques désirant avoir un curé, achetèrent, sur le conseil de Mgr. Guigues, le lot entier n° 5, 9e concession, sur lequel se trouvaient les huit arpents, et y construisirent une pauvre chapelle en bois.

Le Père O’Boyle, oblat, fut le premier curé résidant de Farrelton. Le premier acte des registres paroïssiaux où nous voyons son nom est celui du baptème de Patrick Cahill (30 mars 1850). Le Père O’Boyle, trouvant, sans doute, la population trop pauvre, ne fit aucune amélioration à la chapelle et se contenta, pour lui-même, d’une demeure très provisoire. En septembre 1853, il fut nommé curé de Plantagenet, permutant avec M. McGoey, lequel signa son premier acte, le rer janvier 1854.

M. McGoey fut un peu plus heureux ; il entreprit la construction d’un presbytère et d’une église. Pour réussir, il eut recours

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à plusieurs moyens : quêtes dans les chantiers, souscriptions des habitants, et vente du lot de terre de l’église, dont on ne se réserva que trente arpents. Le succès couronna ses efforts. En 1857, le presbytère était achevé et payé ; c'était un édifice assez modeste, mais convenable, qui devait suffire jusqu’en 1894. Il reussit encore à bâtir l’église. Pour y parvenir sans trop charger les habitants, Mgr. Guigues nomma M. McGoey à la cure de Chelsea (avril 1859) avec la condition d'aller, une fois par mois, faire mission, gratis à Wakefield, de façon à ce que les paroissiens pussent consacrer leurs ressources à la chapelle. Ce moyen réussit et, au commencement de 1860, l’évêque d'Ottawa pouvait constater ‘“ qu'une jolie église, en pierre, de 60 pieds sur 36, couverte en ferblanc, avait été élevée dans le cours de l’année précédente et que, quoique non terminée, elle faisait grand honneur au pasteur.”

Ce n'était point sans difficultés, en effet, que ces travaux avaient été menés à bonne fin. Dans une note de juin 1857, Mgr. Guigues faisait un tableau désespérant du pays. ‘‘ Cette mission ancienne, disait-il, Jui depuis sept ans, possède un prêtre résidant, ne fait aucun progrès. On compte 300 âmes à Wakefield, et 500 à Low. Le revenu du curé ne s'élève qu’à soixante louis, ce qui est insuffisant. Tout est en désordre, les enfants sont mal instruits, ’église est insuffisante et le curé, découragé, demande son changement. Je serais tenté d'abandonner ces pauvres gens, mais ce serait risquer l’avenir de la colonisation sur cette rivière.”

On comprend maintenant pourquoi M. McGoey fut envoyé à Chelsea. Ce changement était, à la fois, une punition pour les gens de Wakefield et une diminution de leurs charges.

En 1860, Mgr. Guigues visita Wakeñield, et fit la réflexion suivante, sur l’état de choses qu'il y trouva. ‘‘ Beau presbytère, un peu loin de l’église, à cause de l’eau. L'église est en pierre. Une fois terminée elle sera convenable. M. O’Farrel s’est chargé d'aller quêter dans les chantiers, pour cet objet. 60 familles à Wakeñield, 100 à Low.”

Le 27 mars 1861, M. Ebrard, curé de Saint-André-Avellin, fut envoyé de résidence à Wakefield. Mais, quelques mois après,

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ayant commis l’imprudence de prendre un bain dans la Gatineau, il fut emporté par le courant de cette rivière qui est un long rapide, et se noya.

Son successeur fut le Rév. Camille Gay, jeune français, récemment ordonné. Le premier acte signé par M. Gay date du 13 octobre 1861.

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