‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 165 sur 275 · SAINT-GRÉGOIRE DE NAZIANCE DE BUCKINGHAM · texte numérisé non relu

SAINT-GRÉGOIRE DE NAZIANCE DE BUCKINGHAM

Nous n'avons point à recommencer ici ce que nous avons dit ailleurs de Buckingham. C’est pourquoi nous plaçons immédiatement, sous les yeux du lecteur, un extrait du rapport de Mgr. Guigues, écrit en octobre 1848, à l’occasion de sa première visite pastorale, rapport qui nous a déjà fourni, maintes fois, l’occasion d'admirer son bon sens et la clarté de ses vues :

‘ Buckingham est un petit village situé à trois milles du côté nord de l’'Ottawa sur la rivière du Lièvre et à cinq lieues de Bytown. Il est pauvre mais la situation en est pittoresque. Si le terrain était plus riche et si les terres n'étaient pas tombées, d’après la malheureuse politique adoptée, lorsque les terrains furent vendus, entre les mains de quelques individus, le village aurait pu devenir considérable. MM. Bigelow et Bowman, par leur commerce de bois, ont donné naissance à ce village. Ils étaient agents des terres de la couronne et selon la bonne habitude se sont réservé la meilleure portion. L'église est en bois et insuffisante pour la population. De plus, située (à côté de l’ancien cimetière, près de la voie ferrée) à un demi-mille du village, elle ne

satisfait nullement aux besoins des fidèles qui ont de la peine à s’y rendre.

‘ M. Bigelow, bourgeois protestant mais bienveillant, offre un emplacement dans le village pour la rebâtir. Cet emplacement n’est pas suffisant, mais il vaudra encore mieux y placer l’église, quand on la reconstruira, que de la laisser où elle est. Les ornements sont pauvres, mal tenus, l’autel est mesquin et le tableau qui est derrière, inconvenant. Il n’y a point de bedeau, en sorte que le curé est obligé d’allumer lui-même les cierges, de sonner la messe, de la dire sans servant. (C’est M. Brady, le curé, qui a fait construire le presbytère ; une partie de l'argent lui est encore dû en ce moment. Huit arpents de terre appartiennent à l’église. Les paroissiens sont, en général, pauvres, parce que le sol est rocailleux et sablonneux. Cependant, chaque année la paroisse s'améliore. Les habitants sont pour la plupart des irlandais. Un grand nombre de canadiens sont employés au service de MM Bigelow et Bowman. Dans l’été les jeunes gens y sont nombreux, mais l’automne un grand nombre d’entre eux prend le chemin des chantiers.

‘ La chapelle de Buckingham a été bâtie en 1836 par M. Brunet.

‘ Une autre chapelle est en construction à Cumberland, mais les travaux sont arrêtés faute de fonds. J'ai invité les habitants à ouvrir une nouvelle souscription pour la terminer, et une autre également pour le support du prêtre. Dieu veuille qu'ils réussissent. J'ai chargé M. Galipeau de Lochaber (Thurso) de faire des démarches auprès de M. Fraser dans le but d'obtenir une terre pour bâtir une église et pour le service du curé. S'il réussit, je le chargerai de faire une souscription pour la chapelle et le support du curé.

‘“ On compte dans toute la mission environ 1009 communiants.

‘“ Buckingham a 80 familles catholiques ; Cumberland, 50 ; le haut de la rivière aux Lièvres, 30 ou 40 ; Lochaber, 30 ou 40 ; les concessions, 70.

‘“ De Buckingham au haut de la rivière il y a 30 à 80 milles ; de Buckingham à Cumberland, 8 ; à Lochaber, de 5 à 15 milles.

‘* Dans le haut de la rivière on ne trouve point de protestants ; rien que des canadiens. Dans les concessions les protestants sont peu nombreux. À Cumberland ils forment les deux tiers. A Lochaber les catholiques dominent.

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