SAINTE-ANGÉLIQUE DE PAPINEAUVILLE
L'emplacement de l’église et du presbytère de Sainte-Angélique est un don de l’hon. Benjamin Papineau.
Les habitants de cette partie de la seigneurie de la Petite- Nation, jaloux du succès de ceux de Saint-André, résolurent de marcher sur leurs traces. Le 18 janvier 1851, ils envoyaient à Mgr. Guigues, une requête, dans laquelle ils lui exposaient que, vu les accroissements de la paroisse, la chapelle de Bonsecours
était devenue trop petite. Ils demandaient donc la permission de __ se constituer en paroisse séparée, ce qui aurait un double avantage pour eux d’abord, et ensuite pour Montebello, dont la chapelle, une fois réparée, serait suffisante pour longtemps. Quant à eux, ils ne voulaient qu’un délai de trois ans pour bâtir toutes leurs constructions paroissiales.
Mgr. leur envoya immédiatement, comme ïls le désiraient, l'autorisation de faire une chapelle, un presbytère et un cimetière,
dans le délai voulu, après quoi il les constituerait volontiers, disait- *
il, en paroisse.
Les travaux commencèrent immédiatement, mais malgré toute la diligence qu’ils mettaient à les poursuivre, leur impatience était si vive qu’elle leur rendait tout retard insupportable.
En novembre 1852, ils envoyèrent à l’évêque de Bytown une seconde pétition : ‘ Nous avons choisi un terrain, dans une magnifique situation, dominant la rivière. Nous avons construit un presbytère, dont le bas servira de chapelle, jusqu’à ce que nos moyens nous permettent d'élever une église en pierre ou en brique. Dans votre visite du 15 juin 1851, vous avez examiné et approuvé tous mes travaux. Tous les ornements et objets nécessaires au culte ont été approuvés ; le Père Bourassa a commencé à venir dire la messe chez nous, tous les quinze jours, et se propose de continuer à le faire. (C’est pourquoi, monseigneur, nous vous supplions de ne pas attendre les trois ans convenus, mais d’ériger immédiatement la mission de Sainte-Angélique en paroisse canonique. Aussitôt que vous pourrez nous envoyer un curé résidant, nous lui constituerons un traitement de 100 louis. Nous en donnons, d’ores et déjà, cinquante au Père Bourassa, dont nous n'avons qu'à nous louer. Ce système de traitement fixe nous est plus agréable que la dîme.”
Monseigneur chargea le Père Bourassa de faire une enquête sur le bien fondé de cette pétition. Le Père Bourassa se trouvait empêché, ce fut le Père Aubert, supérieur des oblats et vicairegénéral qui descendit à Papineauville (6 février 1851) et qui constata que tout était conforme à la teneur de la requête- Il fit donc un rapport favorable, et le 15 février 1853, le décret d’érection de la paroisse de Sainte-Angélique de Papineauville fut signé à la grande joie des habitants.
La première chapelle de Papineauville n’était point, semble-til, une merveille. En effet, dans une note écrite par Mgr. Guigues, ou sous son inspiration, on fait remarquer que M. Benjamin, l’âme ‘ de l’entreprise, n’y réussit guère. ‘ Cet honorable monsieur, dont
l'esprit et le goût était distingués sous bien des rapports, en avait un bien médiocre pour les constructions. Il prit beaucoup de peine, fit de grandes dépenses, qui ont dû être acauittées par les paroissiens, et éleva une chapelle qu’il fallut détruire bientôt après.” Elle avait 48 pieds sur 32, elle fut démolie en 1863 après l’achèvement de la nouvelle église.
Le premier acte écrit aux registres paroissiaux est le baptême de Sophie Dupuis, fait le 4 avril 1853 et signé du Père Bourassa. Le 31 juillet de la même année, fut bénite une belle cloche de 605 livres.
Après le Père Bourassa, M. Arthur Mignault de Montebello, desservit Papineauville, du 22 janvier 1854 au 11 août 1856. Il érigea le chemin de croix (juillet 1854). Le Rév. M. Ebrard desservit ensuite la paroisse comme prêtre délégué, jusqu’au 9 février 1857. Ce même jour M. Joseph David signa son premier acte, en qualité de curé de Bonsecours.
L'année suivante, ce prêtre céda Montebello au Père Bourassa, pour s'établir définitivement à Papineauville, dont il devint le premier curé résidant. Voici en quels termes les paroïssiens de Papineauville manifestèrent à l’évêque d'Ottawa les sentiments que ce changement leur faisait éprouver. ‘‘ 1er mai 1858.—Nous avons entendu dire que M. David et le Père Bourassa veulent faire un arrangement. Celui-ci resterait à Montebello, et le premier s’installerait chez nous, d’où il desservirait le canton de Lochaber- Cette nouvelle nous comble de joie. Nous aimons M. David. Nous lui donnons actuellement 250 piastres, quoiqu'il ne vienne que tous les quinze jours. S’il s’établit parmi nous, nous construiune véritable église et un presbytère.”
M. David s'établit effectivement à Papineauville, probablement dans ce même mois de mai 1838. De leur côté, les habitants se disposèrent à tenir leur promesse.
M. David, tout à l’entreprise de la nouvelle église, s’empressa de faire les démarches nécessaires pour obtenir l'érection civile de Sainte-Angélique, chose indispensable, quand on veut prélever une taxe légale sur les propriétés, puis il se mit hardiment à l’œuvre (19 août 1859).
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Déjà le presbytère était construit. Il était petit mais agréa-
‘ ble et dans une magnifique position (1859).
L'érection civile une fois obtenue, Mgr. donna (avril 1860) la permission de bâtir l’église. Ce grand travail se fit sous la direction de M. Napoléon Bourassa comme nous verrons, et la bénédiction eut lieu le 23 octobre 1862.
Nous terminerons ces deux chapitres consacrés au comté d'Ottawa par la comparaison des recensements de 1851 et de 1861. Le lecteur verra les grands progrès que fit la colonisation dans cette courte période de dix années.
: Irlandais Total Population Canadiens, catholiques. catholiques. Pratéstents. totale.
IOSr. 1. 6,984 7:122 14,106 8,797 ‘22,903 1861..,. 14,357 5,536 19,893 7,864 27757
Ces chiffres ont besoin d’être expliqués. Le comté de Pontiac ayant été créé dans cette décade, c’est, en réalité un accroisseinent de 14,125 habitants de plus qu’il faudrait enregistrer. Ainsi, de 1851 à 1861, la population de cette région est passée, du chiffre de 22,903 à celui de 41,882. Si les protestants et les irlandais ont diminué dans le comté d'Ottawa, c’est qu’ils habitaient dans la partie absorbée par le comté de Pontiac. Quant aux canadiens, ils ont augmenté partout.