‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 215 sur 275 · SAINTE-MARIE D'ALMONTE · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE D'ALMONTE

Comme nous avons vu, la desserte d’Almonte appartenait, en 1861, à M. Vaughan, curé de Huntley.

Dans sa visite de 1864, Mgr. Guigues constate l’état de délabrement dans lequel tombe la chapelle, et autorise une dépense de cent louis pour réparer la toiture et une partie des enduits.

Au commencement de 1868, il visita de nouveau Almonte et observa avec joie que ce village, grâce aux manufactures qui s’y établissaient, était en passe de devenir une ville prospère. Il conçut dès lors le projet de bâtir là une église qui fut digne de l’avenir qu’il prévoyait. Un accident l’aida puissamment dans ses projets.

Pendant la nuit de Noël de cette même année 1868, le feu prit dans l’église qui fut réduite en cendres. La perte n'était point irréparable ; d’ailleurs une assurance de quinze cent quatorze piastres qu’on reçut adoucit considérablement les regrets.

M. O’Malley, cepuis quelques mois déjà, avait succédé au Rév. M. Vaughan.*

C’est à lui qu’échut la lourde charge de réparer les ruines. En attendant qu’on put bâtir un nouveau temple, les exercices religieux se tinrent chaque dimanche pendant près d’une année, dans la grande salle appelée Reilley’s Hall. Quelques jours après l’incendie, le 6 janvier 1869, les catholiques se réunirent en assemblée,

* Le Rév. Antoine O’Malley naquit le 17 avril 1816 à Balynrobe, Mayo, Irlande. Ordenné le 8 mai 1847, il arriva au Canada le 24 juin suivant. Il fut successivement vicaire de Notre-Dame de Montréal, curé de Sherrington

(1849) de l'Orignal (1854) de Portage-du-Fort (1861) et de Huntley (1868). Il se retira dans son pays en octobre 1884.

pour former un comité qui se chargeât de recueillir des fonds et de présider aux travaux de reconstruction. Ce comité fut composé de neuf membres, hommes actifs et dévoués : MM. Isaiah McKean, E. Dowling, John Vaughan, Michael Foley, Wm. Reardon, H. Stafford, Robt. O’Brien, J. O’Reilley, P. Reïlley, qui se mirent aussitôt à l’œuvre. Le plus grand enthousiasme régnait dans la population ; les listes de souscription se remplirent avec rapidité, lesprotestants donnèrent eux-mêmes leur obole, bref une somme considérable fut recueillie, et, dès le 29 juin 1869, M. O’Mailey, en l’absence de Mgr. Guigues, alors au concile du Vatican, put bénir la première pierre du magnifique édifice qu’on préparait. Ce ne fut que plus tard, toutefois (1875) que l’église a été bénite, à cause des retards qu’occasionnèrent les travaux intérièurs ; maïs depuis longtemps déjà on y disait la messe.

En juillet 1872, Mgr. Guigues considérant l'importance toujours croissante d’Almonte, se décida à y envoyer un curé résidant. Il choisi pour cette charge le docteur Rémi Faure, alors vicaire à Saint-Patrice.f Ce prêtre ouvrit les registres parvissiaux dont le premier acte date du 21 juillet. Comme on n'avait point encore de presbptère, M. Faure s'installa provisoirement dans une une maison proche de l’église, jusqu’à ce qu'il prît possession de la demeure qu’on lui préparait (15 décembre 1873). Le presbytère est en pierre bosselée, entouré d’une beile plantation d'arbres verts, et digne en tout de l’église et de la ville d’Almonte.

On doit à M. Faure la fondation d’une belle école catholique séparée. Toutes ces constructions sont élevées sur un terrain de quatre arpents donné à la paroisse, à l’époque de la construction de l’église.

On comptait en 1873, à Almonte‘ cent vingt familles catholiques dont quatre-vingts dans la ville et quarante à la campagne. Ce nombre s’est considérablement accru dans la suite.

Page 1