LES MISSIONS SUR L'OTTAWA AU XIX SIÈCLE
colonisation dans la vallée de l'Ottawa ; il est temps d'étudier les origines de l’organisation religieuse dans ce pays.
‘ Les missions, dit M, l'abbé Ferland dans ses , ‘*Observations sur ün ouvrage....” FA oubliées ni délaissées par les évêques du Canada ; plusieurs d’entre eux ont pu même se glorifier du titre d'évêques-mis- £ q sionnaires.
n'ont jamais été
‘{ Avant la conquête, les Jésuites avaient étendu leurs courses apostoliques dans une grande partie de l’Amérique du Nord; le séminaire de Québec était chargé de missions aux Illinois, sur le Mississipi et dans l’Acadie, missions auxquelles il continua de pourvoir jusque vers l’année 1789. Mgr Hubert, avant d’être évêque, avait été missionnaire aux Illinois et au Détroit, d’où il avait rapporté les fièvres tremblantes. Les évêques de Québec pourvoyaient, autant qu’ils le pouvaient, aux besoins spirituels des catholiques de Terre-Neuve, du Cap-Breton et de l’île du Prince-Edouard.”?
Cependant, les évêques de Québec comprenaient, mieux que personne, qu’à mesure que la population augmentait, le besoin de diviser leur immense diocèse se faisait de plus en plus sentir. Mais le gouvernement d’alors, jaloux et ombrageux, opposait des obstacles insurmontables à cette division. Une lettre de Mgr. Cleary, archevêque de Kingston, éclaire d’un jour lumineux cette question délicate. Nous la traduisons ici, en l’abrégeant.*
* Letter of Archbishop Cleary to the Catholic Register, Toronto, datée de Picton, octobre, 7, 1894.
‘ Dès le 24 octobre 1789, Mgr. J. F, Hubert, évêque de Québec, ouvrit des négociations avec le Saint-Siège au sujet du démembrement de son diocèse, qui s'étendait sur une longueur de plus de 4,500 milles, et qu'il n'avait pas achevé de parcourir encore, après dix années de visite pastorale. La grande difficulté que rencontrait ce projet de démembrement se trouvait dans les mauvaises dispositions du gouvernement britannique. Le dernier quart du dix-huitième siècle fut en effet une sombre époque dans l’histoire de l'Angleterre. Toutes les lois les plus odieuses, édictées contre les catholiques dans les temps passés, restaient en vigueur, L'existence du vieux cardinal Henri, duc d’York, dernier rejeton mâle de la maison royale des Stuarts, servait de prétexte à légitimer toutes les mesures d’oppression contre les catholiques, qu’on représentait comme ses partisans déterminés.
‘€ Au Canada, en dépit des stipulations du traité de Paris qui garantissait aux catholiques le libre exercice de leur religion, ‘‘le catholicisme, écrivait Mgr. Hubert au Saint-Siège, était à peine toléré, quoique ce fut, ajoutait-il, la religion des dix-neuf-vingtièmes de la population.” Il était donc inutile de penser à la formation
- de nouveaux diocèses et à l’institution de nouveaux évêques dans
le mode ordinaire ; inutile également de penser à la création de vicariats apostoliques. Le plan que caressait l’évêque de Québec était la nomination de quatre coadjuteurs, investis du caractère épiscopal, avec résidence : l’un en Nouvelle-Ecosse, l’autre à Montréal, le troisième quelque part dans le Haut-Canada, et le quatrième, enfin, dans les régions lointaines du Nord-Ouest. Ce plan qui devait rencontrer moins d’obstacles de la part des autorités civiles, ne fut point agréé ni trouvé praticable par les autorités ecclésiastiques.
‘Cependant, Mgr. Hubert mourut avant la fin du dix-huitième siècle, et ses successeurs, Mgr. Denaut et Mgr. Plessis, continuèrent ces négociations.
‘Ce fut sous l’administration de ce dernier prélat, si zélé et si instruit, que les dispositions du gouvernement anglais à l'égard des catholiques prirent une tournure plus favorable. La mort du cardinal Henri, arrivée en 1807, laissait la maison de Hanovre sans compêétiteur. La ferme et loyale attititude des Canadiens-
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français dans la guerre de 1812 contre les Etats-Unis, faisait en Angleterre la meilleure impression et déruisait bien des préjugés contre notre sainte religion. L'action patriotique et vigoureuse du Rév. Alexander MacDonell, alors curé de Saint-Raphaël, dans Glengarry et plus tard premier évêque de Kingston, qui leva ë parmi les -geris deux régime.cs écossais, lesquels firent bonne figure dans maintes rencontres sur la frontière d’Ontario, touchèrent profondément les cœurs des bommes d'état du #oreign Office et du gouvernement général à Québec. Une pension lui fut accordée à perpétuité, et à ses successeurs sur le siège de Kingston.
‘Un autre élément de réconciliation entre les catholiques et le gouvernement protestant d'Angleterre fut la conduite loyale et héroïque des soldats irlandais, pendant les longues guerres de l'Empire. Ils versérent, sans compter, leur sang sur tous les champs de bataille pour l'Angleterre, prouvant ainsi plus éloquemment que par des paroles leur fidélité.
‘ Mais ce qui contribua plus que tout le reste à changer le cœur de l’Angleterre fut l'attitude du Pape Pie VIT à propos du blocus continental. Pendant que tout l’Europe tremblait devant le despotisme de Napoléon, lui seul résista au nom de la justice, et ne voulut point rompre ses relations avec l'Angleterre. On sait ce qui lui en coûta: son enlèvement de Rome et cinq ans de dure captivité.
‘“ La noblesse de sa cause et celle encore plus admirable de son attitude ravit le cœur de l'Angleterre, qui s’habitua, dès lors, à voir dans la papauté la colonne la plus forte de l’ordre social.
‘Ces circonstances providentielles fournirent une excellente occasion à Mgr Plessis pour mener à bonne fin l'exécution du plan de la division de son diocèse. Ainsi donc, après trente ans de négociations infrectueuses, aidé puissamment par le secrétaire d'Etat aux colonies, le noble lord Bathurst, il parvint, avec l’autorisation du gouvernement britannique, à obtenir la création de deux vicariats apostoliques dans les provinces maritimes, et la nomination du Rév. Alexander MacDonell en qualité de vicaire général dans le Haut-Canada, avec le caractère épiscopal, pour
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