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donner plus d’étendue à ses pouvoirs. La bulle du Pape Pie VII constituant le Rév. Alexander MacDonell, évêque de Rhaesina (i. p. i.) vicaire général de Mgr. Plessis pour le Haut-Canada, est datée du 19 janvier 1819.
‘ Ainsi le Haut-Canada appartenait encore au diocèse de Québec ; et le seul changement effectué dans l’état de Mgr Mac- Donell, vicaire général depuis tant d'années, était sa consécration épiscopale.
‘* Enfin, le 27 janvier 1826, le Haut-Canada, par bulle du Pape Léon XII, fut érigé en diocèse, avec Kingston pour siège et Mgr MacDonell pour évêque.
‘# Presque immédiatement après, Mgr MacDonell demanda le Rév. Thomas Weld pour coadjuteur, et, le 6 août de la même année, ce dernier fut sacré évêque d’Amyclée (ï. p. i.) cum futura successione. Mais Mgr Weld ne vint point au Canada ; il fut créé cardinal par Pie VIII, 25 mai 1830 ; le premier après le cardinal Polus, scellant ainsi l’amitié entre l'Angleterre qui venait d’émanciper les catholiques, 23 avril 1829, et le Saint-Siège apostolique.” Ainsi s'exprime Mgr Cleary. Nous n'avons plus que manne mots à ajouter, comme épilogue, à cette lettre.
L'année 1818, deux missionnaires, suivant les traces de M. Tabeau parti en 1816, remontaient, en canot d’écorce, le cours de l’'Ottawa ; c'étaient MM. Provencher et Dumoulin que Mgr Plessis envoyait, à plus de six cents lieues de ns sur a Rivière-
dans les immenses Ra di Manitoba et du Nord: Ouest. M. Provencher partait avec le titre de vicaire général ; mais le rer février 1820, il fut nommé, à Rome, évêque de Juliopolis, suffragant et auxiliaire de l’évêque de Québec, et vicaire apostolique du Nord-Ouest.
Enfin, pour compléter le plan de Mgr. Plessis, M. Jean- Jacques Lartigues était nommé par le pape Pie VIT, le rer février 1620, évêque de Telmesse en Lycie, et suffragant et auxiliaire de l’évêque de Québec pour le district de Montréal. Désormais la partie de notre province ecclésiastique actuelle d'Ottawa sise dans l'Ontario, était placée sous la juridiction de Mgr. MacDonell, et la
partie située dans la province de Québec, passait sous la houlette de Mgr. Lartigue.
Nous allons étudier, tout d’abord, les origines religieuses de notre province, dans l'Ontario.
Depuis la conquête, de nombreux missionnaires s'étaient succédé sans interruption dans le Haut-Canada. D'abord trois récollets, le Père Potier, le Père Didace et le Père Simple Boquet, puis quatres prêtres séculiers, M. Hubert, devenu ensuite évêque de Québec, M. Payet, M. Fréchette et M. Dufaux.
Du Détroit et de l’Assomption de Sandwich, où ces missionnaires avaient leurs principales résidences, ils faisaient des courses apostoliques, d’un côté vers la Rivière-aux-Raisins, et dans les postes environnants, de l’autre jusqu’à Michillimakinac.*
Comme on sait, Sandwich et le Détroit sont situés des deux côtés de la rivière, en face l’un de l’autre.
Au Détroit, le Père le Simple, fut remplacé, en 1783, par M. Payet ; et celui-ci, en 1786, par M. Fréchette. En 1706, après la division du diocèse de Québec, la mission du Détroit passa au diocèse de Baltimore, et un Sulpicien français, M. Levadoux, grand vicaire de Baltimore, succèda à M. Fréchette.
A Sandwich, M. Hubert, arrivé en 1781, ayant été nommé coadjuteur de Québec, fut remplacé, en 1785, par le sulpicien M. Dufaux, lequel mourut à son poste en 1706, et eut pour successeur un autre sulpicien, M. Marchand, de 1797 à 1825.
Dès 1793, un émigré, l'abbé Philippe Desjardins qui mourut vicaire général de Paris, avait fondé la mission du Niagara.
En 1800, un sulpicien, M. Gaiffe, avait déjà fait trois visites à Kingston.
Enfin, M. Burke, plus tard premier vicaire apostolique de la Nouvelle-Ecosse, avait fait des missions, d’abord à la Rivière-aux- Raïsins, 1794, ensuite à Niagara, 1798, puis à York, (Toronto,) 1800, et à Kingston, 1801.
Au-dessous de Kingston deux prêtres écossais exerçaient le saint ministère. C’étaient le Père Rodrigue MacDonell, curé de
*Mémoire sur les missions de la Nouvelle-Ecosse, par un comité de prêtres de Québec. Darveau, éditeur 1895, p. 113, et suiv.
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Saint-Régis, et le Père Alexander MacDonell, missionnaire de Stormont et de Glengarry.
Le Père Rodrigue était arrivé d’Ecosse en 1785, et, depuis ce temps-là, évangélisait Saint-Régis et les environs avec une activité infatigable. Le Père Alexander, son cousin, arrivé l’année suivante, 1786, avait suivi, dans l’émigration, une troupe de ses concitoyens et principalement de ses anciens paroissiens. Cet homme, aussi recommandable par sa naissance et par ses talents que par ses vertus, fut le véritable fondateur de la colonie écossaise de l’est de l'Ontario. Sous sa conduite, les deux missions Saint-André et Saint-Raphaël prirent un grand essor et devinrent les plus florissantes paroisses du Haut-Canada.
Les évêques de Québec n'avaient pas pu, naturellement, visiter en personne leur diocèse qui s’étendait sur tout le Dominion du Canada et sur une partie du territoire américain. Ils avaient, néanmoins, tenu à connaître, autant que possible, les régions nouvellement ouvertes à la colonisation. C’est ainsi que, dès l’été de 18o1, Mgr Denaut s'était rendu à Kingston et jusqu’au Détroit. En 1802, il était allé faire la visite pastorale dans les deux paroisses de Saint-Raphaël et de Saint-André, dont nous venons de parler, et il s'était convaincu, de plus en plus, de la nécessité qu’il y avait de donner un évêque à l'Ontario.
Mais comme il n'entre point dans notre plan de faire ici l’histoire du diocèse de Kingston, nous nous tiendrons strictement dans les limites de notre sujet.
Le premier prêtre dont il soit fait mention dans les annales de cette partie du diocèse d'Ottawa, et encore, exerça-t-il, plutôt son ministère sur nos frontières, fut un Français: M. Pierre Jacques de la Mothe ; ordonné en France, le 27 février 1790 ; arrivé le 6 juin 1813, à Québec, aumônier du régiment de Watteville, missionnaire en 1816, sur la rivière Rideau ; puis à Perth, 1817 ; rentré à Kingston, 1821-1824 ; curé de Sainte-Scholastique en 1825 ; retiré en 1831 ; décédé au même lieu le 22 octobre 1847, à l’âge de 84 ans.* ;
* Répertoire général du clergé canadien de Mgr Tanguay.
Nous avons trouvé les lettres de pouvoirs de ce prêtre, signées à Québec par Mgr. Plessis Elles datent du 13 juin 1813. Aumônier du régiment franco-suisse des Meurons, après la fin de la guerre américaine et le licenciement des troupes, il se trouva sans emploi. En 1816, il fit un assez long séjour chez M. Périnault, missionnaire de Kingston. C'est de là qu’il partit pour Perth, au commencement de 1817. C'était un établissement nouveau, et les rares catholiques qu'on y trouvait étaient perdues au milieu des protestants.
M. de la Mothe demeura à Perth, non en permanence, mais d’une façon assez régulière pendant trois ans: de 1817 à 1820. D'un caractère impressionnable, et presque totalement ignorant de
l'anglais, il semblait peu fait pour réussir dans une tâche aussi difficile que celle de fonder une mission.
Dans une lettre à Mgr. Plessis, 2 février 1817, M. de la Mothe raconte son long et pénible voyage ‘‘ sous les ombres de la forêt vierge.”’
En approchant, dit-il, de Perth, des Ecossais accourent et incontinent lui demandent de leur prêcher un sermon. C'était trop pour ses forces ; il balbutie quelques phrases d’un apglais des plus incorrects. Ses ouailles ne se déconcertent point pour si peu, et le missionnaire les entend s’écrier : ‘* What a happiness, we have
got a priest ! ” : Quel bonheur, nous avons un prêtre ! Il baptise plusieurs petits enfants.
A huit milles des cabanes de ces catholiques, s'élève la ville naissante ou plutôt le village de Perth: soixante maisons, quatre auberges. Des Canadiens ne tardent pas à apprendre son arrivée ; ils accourent et lui offrent leurs hommages. Ils estiment que le nombre des catholiques, dans un rayon de dix milles, s'élève à trois cents ; mais c’est une exagération évidente. , La population totale des quatre cantons, autour de Perth, s'élève déjà à deux mille habitants ; et ce nombre se grossira dès cette année, de deux
ou trois régiments licenciés. Parmi ces derniers, le 104e—presque tout canadien.
t Archives de l'archevêché de Québec. Correspondance de l'évêché de Kingston,
À mesure que M. de la Mothe connaît mieux son troupeau, le découragement s'empare de lui. Les catholiques l’abandonnent, sans doute à cause de son peu de facilité à parler l’anglais. Il se demande s’ils sont encore des catholiques. On les voit fréquenter les meetings des protestants, les auberges, et s’abandonner à tous les vices.
Mgr. Plessis, en apprenant ces tristes nouvelles, se résolut à frapper un coup, et envoya aux fidèles de Perth un mandement sévère dans lequel il les rappelait à leurs devoirs.
La parole de l’évêque fit un grand effet chez ces gens dont la foi n’était qu’endormie ; il y eut un mouvement de retour vers le bien, et le missionnaire put donner au prélat des nouvelles plus . consolantes.
Mgr. Plessis écrivit alors à ces #nfants perdus de la forêt la lettre suivante, qui fait le plus grand honneur à sa paternelle sollicitude.
Lettre pastorale de Mgr. l’évêque de Québec aux habitants des rivières Rideau et Cananoquoui dans le Haut-Canada, Québec, 16 décembre 1817.*
‘* Joseph-@ctave Plessis par la miséricorde... .etc., etc.,.... évêque de Québec, à nos chers enfants les fidèles catholiques établis à Perth et dans les environs des rivières Rideau et Cananoquoui,....Salut......
‘Vous étiez dispersés nos très chers enfants, comme des brebis qui n’ont point de pasteurs, et faute de bien connaître celui que nous vous avions envoyé, vous refusiez de vous ranger sous sa houlette ; vous courriez sans savoir où vous alliez, faisant société tantôt avec une secte, tantôt avec une autre, toujours exposés à vous égarer en suivant des guides que le ciel ne vous a point donnés et qui ne pouvaient vous conduire que dans le précipice. Cependant, nous étions prosternés devant Dieu, le suppliant d'éclairer vos esprits, de toucher vos cœurs, de ne pas vous laisser perdre de vue, qu'ayant le bonheur d’être catholiques, c’est-à-dire membres de la vraie Eglise, de la seule que Notre-Seigneur Jésus-
* Registre de l'évêché de aébec. H,
Christ ait établie sur la terre, vous deviez sans hésiter en pratiquer les lois et en remplir les devoirs, assurés que Dieu, fidèle à ses promesses, vous récompenserait, dans l’autre vie, de tout ce que vous auriez fait, dans celle-ci, pour son amour.
‘Ce n’est pas en vain que nous avons formé ces vœux et ces désirs. Vous avez enfin montré de la docilité, et prêté l'oreille à la voix du zélé pasteur chargé du salut de vos âmes. Il nous a dernièrement rempli de consolation en nous apprenant que vous vous étiez réunis et que vous proposiez de commencer prochainement une chapelle, pour y entendre la parole de Dieu et remplir les devoirs de la religion. Charmé de vous voir décidés à l’entreprise d’une œuvre aussi intéressante, nous nous proposons d'y contribuer de quelque chose, afin de vous donner tout l’encouragement qui peut dépendre de nous. Mais souvenez-vous nos très chers frères, que ce n’est pas assez d'avoir commencé, et qu'il faut persévérer dans le bien ; que celui qui met la main à la charrue et regarde derrière lui n’est point propre au royaume de Dieu. Nous continuerons donc de supplier le ciel qu’il vous donne de la persévérance, qu’il vous fasse aimer, de plus en plus, la religion sainte que vous professez ; qu’il vous convainque de l'obligation où vous êtes d’honorer cette religion par des mœurs pures, et de vous distinguer par la sainteté de votre vie, aussi bien que par la pureté de votre foi, des sectaires qui vous environnent.—Sera notre présente lettre pastorale lue et publiée par M. l'abbé de la Mothe dans une de vos assemblées de dimanche ou de fête.”
Au reçu du mandement épiscopal la joie, dit M. de la Mothé, 8 février 1817, fut universelle. Les souscriptions pour bâtir une chapelle à Perth, augmentèrent. Toutefois, il fallait avouer que les ressources étaient minimes. Une misère affreuse régnait dans le pays, et le gouvernement se voyait obligé de prolonger de six mois ses distributions de rations aux colons.
Toutes les lettres subséquentes du missionnaire sont du même ton. Enfin, découragé et abreuvé d’amertume, il annonce, en 1820, son départ définitif de Perth. La chapelle n’était pas encore construite.
Ajoutons un mot sur Perth. Le Père Sweeny succède à M. de la Mothe. Grace aux efforts de M. Benjamin de l’Isle, la souscription pour la chapelle se grossit. L'église est commencée et avançe rapidement, 1820. En juillet 1821, le Père Sweeny écrit que le nombre de catholiques s'accroît considérablement. En avril 1823, le Père John MacDonald, missionnaire à Perth, se plaint que l’église ne soit pas encore achevée.
Enfin, par une lettre du 20 mars 1825, le même Père Mac- Donald, a la joie de constater que la mission misérable de Perth est maintenant devenue une paroisse bien établie où rien ne manque.
Le lecteur nous excusera de nous être étendu sur l’histoire d'une mission qui n'appartient pas même à notre province. Elle est sur la frontière, et le missionnaire avait juridiction sur la colonie de Richmond. Il convient d’ailleurs de connaître contre quelles difficultés les pionniers de notre église naissante avaient à lutter.
Mgr. Alexander MacDonell, dit le Répertoire, naquit en Ecosse, le 17 juillet 1762, et fut ordonné dans ce pays, le 16 février 1787. À peine arrivé en Canada, en 1803, il fut employé aux missions de Saint-Raphaël où il succéda à son illustre homonyme et parent. L’évêque de Québec lui envoya, en 1807, des lettres de vicaire général, pour le Haut-Canada. Nous savons le reste, et comment, en 1819, il fut nommé évêque auxiliaire de Québec, pour l'Ontario.
Nous trouvons, dans la correspondance de ce missionnaire, avec l’évêque de Québec, quelques documents de haut intérêt.*
Dans une lettre datée de 1810, il écrit en parlant du Père Salmon, qu’il le croit peu propre à l'administration d’une paroisse considérable, comme celle de Kingston, mais qu'il le juge suffisant pour Perth et pour New-Richmond.
Dans une autre lettre, du 4 novembre 1819, il évalue à six ou sept cents les catholiques de Perth, et à cinq cents, ceux de Richmond.
* Archives de l'archevêché de Québec. Correspondance de l'évêché de Kingston.
Ces derniers demandent un prêtre, et il propose de leur envoyer le Père Salmon.
Les lettres suivantes, à l’évêque de Québec, sont si précieuses que nous en donnons un résumé détaillé.
‘ Rivière Ottawa, 18 septembre 1820. Voici une vingtaine de jours que je suis en cours de visite sur cette rivière. Ilya quelque temps déjà que nombre de protestants bienveillants et de catholiques d'Hawkesbury, de la seigneurie de Longueuil (lOrignal), et d’autres lieux des bords de l’Ottawa, me sollicitaient de visiter leur pays, promettant de contribuer à l'érection d’une chapelle, en un lieu convenable. Ma mauvaise santé a longtemps retardé mon voyage.
Enfin je suis parti, et j'ai le plaisir d'annoncer à Votre Seigneurie que les difficultés que je redoutais se sont évanouies. De notables protestants, MM. Georges Hamilton et Grant sont entrés dans mes vues. Grâce à eux, j'ai obtenu, d’un protestant, un terrain magnifique, au prix de cent cinquante louis. Une souscription est ouverte. MM. Hamilton et Grant ont donné chacun cent vingt piastres. Il y a un canadien, propriétaire, du nom de Saint-Julien, et plusieurs autres canadiens qui semblent enchantés de la perspective d’avoir une église à leur portée, et qui feront tout en leur pouvoir pour l’achever.
J'ai donc nommé, le dit Saint-Julien et un M. McDonald, de la colonie écossaise de la seigneurie, agents et syndics de l’église future.
De là j'ai poursuivi ma route, en canot sur l'Ottawa, jusqu'à Hull. De Hull nous avons poussé jusqu’à la colonie de Richmond, portant alternativement sur notre dos, mon serviteur et moi, le porte-manteau qui renfermait nos ornements et les vases sacrés.
Je célébrai et je prêchai, dimanch dernier, à Richmond. Le major Burke, surintendant, me fit mille politesses. * A la suite d’une correspondance avec moi, il avait ouvert, depuis quelque
* Le colonel Burke était catholique, son fils, James Henri Burke, fonda en 1854 ce journal catholique : 74e Ottawa Tribune, et contribua beaucoup à la colonisation de notre vallée. Il mourut prématurément en 1858.
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temps déjà, une souscription pour l'entretien d’un prêtre dans la colonie ; souscription au bas de laquelle s'étaient inscrits la plupart des officiers en demi solde.
Comme les catholiques eux-mêmes, sont, pour la plupart, des soldats licenciés, nouvellement établis, et trop pauvres pour pouvoir faire beaucoup, j'ai nommé trois d’entre eux, les plus respectables, syndics, avec charge de recueillir ce que les gens pourront fournir pour le support du P. Sweeny ou de tout autre prêtre qui les visitera de temps en temps, jusqu’à ce qu’ils soient capables d'en faire virre un à demeure.
J'ai donc écrit au P. Sweeny, l’informant de ce que j'avais fait, et lui demandant de visiter aussi souvent que possible cette mission naissante.
Dans sa dernière visite à Richmond le gouverneur-général a promis d'y envoyer un ministre protestant et de pourvoir à ses besoins.
Nos catholiques croient avoir les mêmes titres que les protestants à la solicitude de Son Excellence, ayant conscience qu'ils n’ont jamais été inférieurs à eux au service du roi, dans l’accomplissement de leurs devoirs, à l'heure du danger ou au jour du combat ; ils vont donc faire à Son Excellence une pétition en ce sens, et j'ai confiance que Votre Grandeur les appuiera.
‘ Il y a beaucoup de colons irlandais et canadiens dans les cantons de Hull, de March et de Nepean, sans compter les familles disséminées sur les deux rives de l’Ottawa, depuis la seigneurie de Longueil (l’Orignal), jusqu'aux Chaudières. S'il y avait deux prêtres, l’un à l’Orignal et l’autre à Richmond, ils se partageraient cet espace et visiteraicnt tous ces colons. Toute cette vaste contrée si belle etsi fertile, e:t maintenant ouverte à la colonisation. Le torrent de l’émigration semble vouloir se diriger de ce côté, à flots pressés. Il est temps de prendre des mesures pour s'assurer des missionnaires et des emplacements pour les églises. Si nous ne le faisons pas, les ennemis de notre sainte religion s'empareront de tout, et une fois qu'ils auront pris pied et qu'ils seront devenus les maîtres, ils feront tout pour nous fermer la porte, en sorte que les
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pauvres colons catholiques, abandonnés de leur mère l'Eglise, l’oublieront et mourront dans le péché.
Je suis, Monseigneur....Alexander MacDonell.